Six étoiles plutôt généreuses pour ce qui est censé être un titre relativement important du cinéma français. La réalisation de Claude Miller est ici plus dans la volonté de saisir les émotions d'un personnage principal parfois franchement gonflant, mais que celui-ci a le talent de rendre complexe et même assez attachant, le naturel et la force de caractère de Charlotte Gainsbourg étant également un atout important. Au fond, rien de très original dans ce qui est abordé ici (la fin de l'enfance, des illusions, de l'innocence), mais une vraie sensibilité et une réelle part de vérité dans ce qui nous est montré ici, le cinéaste ne cherchant jamais à embellir superficiellement le quotidien, ni à rendre réellement sympathique cette gamine tout en restant sensible à ses problèmes et désillusions.
À ce titre, si sa relation avec Jean est caricaturale au possible et apporte plus de gêne qu'autre chose
(ce serait pas mal qu'un jour le cinéma arrête de nous faire croire que quasiment un homme sur deux est un violeur/pédophile, l'effet Caroline De Haas avant l'heure!!),
celle avec Lulu et surtout sa belle-mère (superbe Bernardette Lafont) compensent, la bande-originale rythmée par l'endiablant « Sarà Perché ti amo (peut-être un peu omniprésente, d'ailleurs) étant un autre bon point. Pas de bouleversement en vue sur un sujet toujours intéressant mais qui en a vu d'autres, mais une héroïne à part dans le paysage si souvent aseptisé du cinéma hexagonal, sachant capter les errements de l'enfance, entre rage, espoir et détresse (pouvant même parfois passer de l'un à l'autre en quelques secondes!!) : en cela, « L'Effrontée » mérite qu'on s'y arrête 95 minutes.