Stallone dans le rôle de De Funès !
Dans sa filmographie (très) inégale, Stallone juge que quatre de ses films sont des navets : Arrête ou ma mère va tirer, Judge Dredd, Driven et celui dont on parle aujourd'hui. Pour les trois premiers, il a raison (surtout Arrête... qui est plus proche de l'humiliation), mais je le trouve sévère sur le film de Landis.
Plus connu chez nous car c'est l'adaptation de la pièce de théâtre de Claude Magnier, lequel a donné le chef d'œuvre d'Edouard Molinaro, avec Louis de Funès.
L'enrobage est cette fois différent, le film se passant au temps de la Prohibition, et tout le film tournera autour des quiproquos bien connus, mais aussi, et c'est l'apport américain, que le personnage principal ne retombera pas dans le crime à la suite d'une promesse donnée à son père sur son lit de mort (Kirk Douglas, dans un tout petit rôle, est excellent).
Seulement, le film a été rallongé pour ajouter une histoire de soupçons par la police et une nouvelle révélation finale qui donnera une conclusion à l'histoire bien plus "correcte" que chez Claude Magnier. La scène principale ne change pas ; c'est toujours la maison du héros qui sert de décor, d'où le respect de Landis à proposer une mise en scène proche d'une pièce filmée. Et on peut noter le soin (maladif ?) apporté à la reconstitution 30's, tout y est très, voire trop impeccable.
Alors, bien sûr, si il est parfois gênant de voir Stallone déclamer son rôle tel que De Funès le faisait (Razzie Award à la clé), on y trouve quelques nouvelles situations irrésistibles, comme ce que fait Chazz Palminteri, en homme de main, est parfois drôle.
Et un film où figure la sublime Marisa Tomei ne PEUT pas être nul ; âgée de 25 ans au moment du tournage, elle en parait facilement 10 de moins, et demeure convaincante en fille à papa qui ne rêve que de fuir de sa maison/prison, quitte à épouser le premier benêt venu.
Si on cherche à voir L'embrouille est dans le sac comme nanar, on y passe un bon moment. Si on veut le voir en tant que remake américain d'une pièce de théatre française, on y risque de trouver ça mauvais. Donc, à vous de voir où se trouve votre sensibilité du côté du nanar !