Comme les autres gialli de Lucio Fulci, "Sette note in nero" ne reprend pas vraiment les codes du genre... ni plusieurs de ses travers. Il s'agit bien d'un polar horrifique, ici teinté de fantastique. Dont l'héroïne est une épouse clairvoyante, qui à travers une vision, découvre un cadavre logé dans le mur d'une de ses résidences !
Mais contrairement aux classiques du giallo, le film est assez sage visuellement. Certains diront peut-être même fade, car il est vrai que les couleurs sont un peu ternes. Ici, pas de mise en scène baroque, pas d'érotisme, et finalement très peu de morts graphiques.
Néanmoins l'intérêt est ailleurs. S'il on excepte les quelques facilités (la secrétaire du psychologue, toujours prompte à faire tomber les bonnes infos de nulle part), l'intrigue policière tient la route. Alors que la concurrence avait tendance à présenter des enquêtes à la cohérence très relative, pour privilégier l'ambiance.
Au-delà de ça, c'est tout le scénario qui est habilement mené, à travers un mystère qui se dévoile peu à peu. Cette histoire de vision sera pleinement exploitée, pour donner un aspect ironique et fatidique au film, très bien vu. Bon, il est un peu dommage que le twist soit cramé au deux tiers du film.
D'autant plus que le titre VF est bien moins subtil que le titre original italien, ou les titres alternatifs internationaux...
Cela n'empêche pas "Sette note in nero" de mener sa barque de manière plutôt maligne jusqu'au bout, tout en faisant preuve d'un certain suspense. Le film est souvent d'ailleurs considéré comme le giallo au meilleur scénario !
Tandis que les acteurs sont assez bons, ce qui là encore n'est pas toujours le cas dans le genre. On retrouve le vétéran Gabriele Ferzetti dans un second rôle néanmoins important. Et la jolie Jennifer O'Neill, convaincante en clairvoyante troublée.
Il se murmure que c'est un des films les plus personnels de Lucio Fulci... sans pour autant y voir des énucléations diverses (le réalisateur n'était pas encore le parrain du gore à cette époque). Je n'ai aucun mal à le croire, quand on sait que sa gestation a pris beaucoup de temps, et quand on voit le soin apporté au scénario.