Un film aux allures de drame, mais qui serait à rapprocher des films Pre-Code. Parce qu'il date de la même période (1934, le code Hays n'est en place que depuis un an, et un studio plus mineur comme la RKO ne se sent pas encore obligé de s'y soumettre), et parce que, comme tous les films qu'on classe sous cette appellation, il met en scène une histoire à la morale plutôt limite-limite. Parce que le film dépeint une société où la bonté, la gentillesse, les rapports humains (le titre original Of Human Bondage a cela d'ironique) ne sont en fait que les faiblesses trop humaines du personnage principal, faiblesses que la majorité des autres personnages vont exploiter, et ce n'est qu'en sortant de ce statut de victime que lui s'en sortira.
Et tout cela donne de la place à ce qui est l'attraction du film : Bette Davis. Car c'est le rôle qui la rendit célèbre, celui par lequel elle intronise ce qui fera tout sa carrière, soit des rôle de femmes aussi fortes que cyniques et caractérielles, des rôles de garces, de harpies, de vamps manipulatrices. Avec toute fois une nuance ici, sa jeunesse et ses grands yeux faisant qu'elle prend par moment des airs de petite fille boudeuse...
La réal de John Cromwell n'est, quant à elle, pas en reste, car si elle est encore assez marquée de scories du muet, celui-ci se permet au ssiquelques effets réussis (j'aime beaucoup ces 2-3 transitions sur des filés, ça fonctionne super bien).
Bref, il faut que je mate plus de films Pre-Code, parce qu'il y a vraisemblablement pas mal de bons trucs à découvrir.