Un modeste employé, souffrant d'une grosse myopie, emprunte par erreur l'imperméable d'un gangster dans une salle de cinéma, et en sortant, il est pris comme le chef de la pègre. Au départ surpris par cet imbroglio qui va le mener en prison, il va ensuite jouer le jeu pour le pouvoir que cela lui procure.
Sixième film réalisé par Henri Verneuil, et scénarisé par Michel Audiard, L'ennemi public n°1 fait partie de cette longue collaboration avec Fernandel, qui s'achèvera quelques années plus tard avec La vache et le prisonnier, et là, c'est clairement un pastiche des polars américains des années 1940, avec tout un travail sur les jeux d'ombres à la Michael Curtiz (ou Fritz Lang) ainsi que sur la décoration qui fait croire que. Car malgré les nombreux stock shots de New-York, le film n'a pas été tourné une seconde aux États-Unis, mais en France, en studio, et si l'illusion peut se faire, on a du mal à croire que Fernandel ou Louis Seigner, qui joue le chef de la prison, soient américains ! Les deux seuls locaux étant Jess Hahn ainsi que Zsa Zsa Gabor, qui eux n'ont pas à forcer leurs accents...
Cela dit, c'est assez amusant par l'abattage comique de Fernandel, qui a deux culs de bouteille à la place de lunettes tant il n'y voit rien quand il les perd, bien qu'il en fasse des caisses, et on n'a pas ce côté phrase définitive d'Audiard avec lequel j'ai parfois du mal. Le film repose beaucoup sur les clichés du genre, détourné dans la comédie, avec notamment une voix off de Fernandel lui-même, et il montre surtout l'amour qu'avait déjà Henri Verneuil du cinéma américain, où il y tournera à deux reprises des années plus tard.