L'enquête porte bien son nom puisqu'à son générique final, la seule envie du spectateur est, à son tour, de rembobiner toute l'histoire et de recommencer, à sa façon, l'enquête.
En plongeant dans l'affaire Clearstream, Vincent Garenq pénètre dans un mille feuilles d'une complexité sans nom, qu'il parvient néanmoins à rendre lisible grâce à une certaine intensité de l'écriture (le scénario est d'ailleurs co-écrit par Denis Robert lui-même), servi par un vrai travail de mimétisme du casting (mention spéciale à Laurent Capelluto, excellent en Imad Lahoud, personnage trouble et obséquieux), même si l'on pourrait dire de Gilles Lellouche qu'il n'est peut-être pas le comédien le mieux taillé pour ce rôle, lui dont la gouaille bourrue va mal avec l'esprit fouineur du journaliste d'investigation.
L'enquête suit à la lettre le canevas absolument classique de ce genre de film (le titre l'annonce d'emblée : il n'y aura rien d'original). Il en hérite donc des qualités (rythme tenu, vivacité d'une intrigue pleine de rebondissements, dialogues et situations intéressantes), mais aussi des défauts (un début en forme de flashforward de la fin, une voix-off maladroite, des passages obligatoires sur le journaliste tellement obnubilé par son travail qu'il en oublie sa famille, une musique pompeuse, quelques répétitions et des effets de style outranciers sans une once de personnalité).
Reste un film au demeurant efficace qui se clôt de manière glace dans ses images finales présentant les faits, laissant le goût âpre d'une machination que l'on n'arrivera peut-être jamais à prouver.