Un petit Mizoguchi d'une petite durée (à peine plus d'une heure !), tourné à une époque où le Japon militariste vivait ses derniers mois sous les bombardements américains, assez efficace.
L'histoire, celle d'un forgeron, durant la fin du shogunat Tokugawa, qui pour aider à venger l'assassinat de son maître décide de fabriquer pour la fille de ce dernier, dont il est amoureux, un sabre absolument incassable.
Un personnage féminin, ne manquant pas de force, sachant se battre à l'occasion, un ou deux traits d'humour, surprenant(s) chez Mizoguchi car le type n'était pas franchement un boute-en-train, et puis un éloge de la persévérance et de l'effort.
Car ce qui intéresse ici le réalisateur japonais, ce n'est pas la vengeance, les séquences de combat étant, pour bien marquer cela, réduites au strict minimum, mais l’opiniâtreté des personnages pour parvenir à leurs fins à travers la fabrication du sabre parfait. La scène où le protagoniste y parvient enfin, avec l'aide d'un apprenti et du "fantôme" de la fille du défunt, est d'ailleurs la séquence la plus inspirée de l'ensemble.