Dans l'établi il y aurait donc l'histoire de l'usine et la mise en place de la grève mais le vrai sujet du film pour le réalisateur à priori c'est : le bourgeois est-il légitime de venir mettre en place cette grève et les dommages collatéraux que ça suppose chez les vrais employés prolos et/ou immigrés (c'est d'ailleurs appuyé par le carton qui ouvre le film) lui qui, si ça foire n'encourt aucun risque réel quant à son avenir.
Ce sujet dont voudrait parler notre ami n'est abordé et remis en question qu'à un seul moment, lors du barbecue et au final ça a très peu de répercussions sur le reste de l'histoire, ce qui est un peu dérangeant vous en conviendrez. Surtout que les bourgeois sont très gentils, la mère est gentille elle propose de reloger les employés toussa. Vous allez peut-être me dire que c'est pour rester fidèle au livre basé sur l'histoire vraie mais l'intérêt d'une adaptation normalement devrait être de créer un nouveau point de vue et là je trouve ça assez léger et surtout assez binaire. Quid de l'intérêt cinématographique là où le livre explore à priori bien plus de nuances.
Pis la dernière partie c'est le festival du larmoyant, cette musique quand il se met à balayer à la fin, redescendu tout en bas de l'échelle, lui le bourgeois venu aider, c'est pas très subtile.
Et quand enfin le réalisateur s'essaie à un peu de mise en scène, c'est pas terrible non-plus. Quand il montre Swann Arlaud (au jeu bizarre, un peu faux parfois mais comme d'habitude, le plus mauvais acteur c'est celui de la COMEDIE FRANCAISE, ici Podalydès, hyper mauvais en patron à la voix nasillarde, on dirait qu'il vient d'un autre film) en train d'enseigner sans passion pour nous montrer que finalement son vrai truc c'était l'usine où là on y trouve la vraie humanité c'est un peu navrant et ça ressemble à toutes les fins convenues bien pensantes et sans subtilité.
Reste qu'il y a des choses intéressantes, l'arrivée dans l'usine m'a fait penser aux quelques années où j'y suis allé, montrer l'ergonomie défectueuse par un plan plutôt que les mots (quand il se coince les doigts dans la voiture et qu'un des employés doit faire tout le tour de la chaîne de production pour accéder au bouton STOP) et certains personnages moins caricaturaux. Disons que c'est un film plutôt gentil et qui a au moins le mérite de présenter quelque chose d'un peu différent, et qui peut aider le grand public à prendre conscience de certaines choses mais ça c'est déjà dans le livre et ça aurait pu être bien plus percutant si mieux mis en scène.
Ca termine sur les visages des étudiants en gros plan > à vous de jouer la jeunesse, bon.