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Topaz
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le 22 janv. 2014
Depuis quelques temps je revois beaucoup de films.
J’en revois certains parler qu’ils figurent parmi mes films préférés (Les Sept Mercenaires, Ne Nous fâchons pas, Ghostbusters…).
J’en revois d’autres parce que j’ai l’impression d’être passés à côté lors du premier visionnage.
Dans l’immense majorité des cas, ça se conclue par une note ré-haussée.
Ça a été le cas, par deux fois, pour Hitchcock, avec Pas de Printemps pour Marnie et Frenzy.
L’Etau, c’était le film d’Hitchcock dont je gardais le plus mauvais souvenir. J’en gardais le souvenir d’un film confus, ennuyeux à mourir, totalement dénué de suspense.
Puisque, pour un défi ciné, je devais voir un film d’espionnage, j’ai donc opté pour ce film (en plus de quelques autres).
La scène d’ouverture, au Danemark, est une petite réussite dans son genre. Certes, nous avons une description très caricaturale de la situation géopolitique de la Guerre froide, et cette caricature s’étend jusqu’aux personnages, entre les gentils espions américains cools, élégants et efficaces, et les méchants colosses soviétiques, froids, violents et un peu bêtes. Mais la scène de passage à l’ouest, aussi irréaliste soit-elle, est plutôt maîtrisée niveau narration et suspense.
Une fois cette introduction passée, le film se divise en trois parties, qui se déroulent dans trois pays différents : Etats-unis, Cuba et France.
Chaque partie s’enfoncera un peu plus dans la caricature, le ridicule et l’ennui.
Pour faire simple : la caricature va s’accentuer au fil du film. Caricature, en particulier, des antagonistes. Dans les deux premières parties, nous avons une sorte de Che d’opérette, violent, peu doué, qu’on essaie de nous faire passer pour un grand méchant, en vain.
L’histoire va totalement se perdre et nous perdre. On commence en cherchant à dérober des papiers, et on se retrouve, on ne sait comment, à vouloir démonter un réseau d’espionnage centré en France. Comment on passe de l’un à l’autre ? Mystère.
En tout cas, le spectateur aura décroché depuis longtemps à ce moment-là, dans un film qui cherche à courir trop de pistes à la fois et n’en réussit aucune.
Prenons, par exemple, cette histoire d’amour entre notre espion et la belle Cubaine. Une histoire qui, à elle seule, aurait pu être au centre du film. D’autant plus qu’Hitchcock nous avait déjà fait ce genre de film (on peut penser aux Enchaînés, un de ses meilleurs films) et qu’il gère ça. Là, cette histoire d’amour dramatique est reléguée au niveau de petit épisode dans un film qui en compte déjà trop (des épisodes).
Dans ce film beaucoup trop long, tout semble se diluer. La maîtrise formelle d’Hitchcock elle-même paraît disparaître : les film d’étire inutilement, les scènes s’enchaînent sans que rien de marquant ne vienne retenir l’attention des spectateurs.
A un moment, il faut oser l’avouer : ce n’est pas parce que c’est Hitchcock que c’est forcément réussi. Je suis certain que ce même film, exactement identique, mais signé par un parfait inconnu, verrait sa moyenne divisée par deux, et ce serait bien plus juste.
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Créée
le 30 mai 2026
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