Ne pas croire à la vie après la mort, c'est un peu comme douter de l'astrologie.
ParaNorman c’est un pitch ultra simple : un gosse qui parle aux morts. Ça vous rappelle rien ? Pour pimenter un peu la marmite, le film choisit de balancer un radis de sorcellerie, quelques brindilles de zombies et une vieille malédiction ridée. On mélange bien le tout pendant 5mn, et hop : une petite bizarrerie gothique prête à être dégustée comme un bonbon chapardé lors d'une soirée d'Halloween. Si vous avez un faible pour l’univers de Burton ou pour les histoires macabres cousues pour les enfants, vous allez vous sentir chez vous.
Dès l’ouverture, le film annonce la couleur avec un extrait de série Z fauchée tout droit sortie des archives de la Hammer que notre héros regarde religieusement. Visuellement, impossible de ne pas faire le rapprochement avec Coraline – ça tombe nickel, c’est le même studio LAIKA et sa maitrise de la stop-motion. L’emballage a ce petit goût de prod Amblin des années 80, un truc à la fois rassurant et un peu spooky, qu’on pourrait traduire par : un groupe de gamins va embarquer dans une sacrée aventure ressemblant peu ou prou à leurs émissions préférées.
Mais là où ParaNorman fait vraiment la diff’, c’est dans la morale de son histoire. Le film refuse catégoriquement le manichéisme facile. Au lieu de voir tout les zombies tout casser dans une ville terrifiée par cette horde sortie d'outre-tombe, ce sont les habitants qui virent à la folie et s’arment pour casser du mort-vivant à la pelle. Et ce renversement tape juste. De même que l’antagoniste qu’on croit au début être une vieille sorcière maléfique. Loin d’être un monstre lambda, elle s’avère être une petite fille exécutée pour sorcellerie, injustement, et qui a gardé de cette horreur une rage à même de ravager toute la bourgade (son incarnation en orage dans le ciel est à tomber). Le film ose alors une morale floue, pas confortable. Cool.
Alors oui, les persos ne sont pas tous hyper originaux, et le récit connait un petit coup de mou passé la première demi-heure. Mais la confrontation finale entre Norman et la petite Agatha (la sorcière) fait vraiment le café dans sa superbe animation et les sentiments qui en émane. Rien que d'y repenser, j'ai les poils au garde-à-vous.
J'aimerai aussi poser là une petite mention honorable aux scènes où Norman valdingue dans le temps et où l’on peut voir l’image se consumer / désagréger comme du celluloïd pour nous entraîner dans le passé et le folklore de cette ville aux allures de maison hantée. Voilà une belle manière de marier l'utile à l'agréable dans des scènes d'exposition vivantes et incarnées. Plus qu'une hâte désormais, découvrir toute la filmo de ce réalisateur/scénariste qu'est Chris Butler.
C'est ici qu'ils m'ont enterré ? - Bah quoi ? C'est un bel endroit pour dormir, je trouve.