D'abord, le noir et blanc me semble en porte à faux avec l'ensemble de l'œuvre de Camus portée par le soleil et les couleurs méditerranéennes (Meursault = mer et soleil).
Ensuite, l'acteur ne fait pas assez méditerranéen, trop parisien bobo tout mignon. Il paraît en décalage avec ses répliques. A contrario, le film aurait pris une toute autre envergure si le rôle avait été attribué à Pierre Lottin (excellentissime dans tous les films ; tout à la fois burlesque dans le dernier merdissime Tusche, comique ici, tragique et violent dans la Nuit du 12).
Pour finir, Ozon le redresseur de tort termine son film en attribuant un nom à l'arabe. Mais c'est justement parce que ce n'est pas une histoire personnelle que l'arabe reste anonyme dans le roman. Là Ozon ose tout mais prouve qu'il en tient une couche : la couche d'Ozon.
Pour l'anecdote : il existe un Etranger invisible réalisé par Visconti.