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L’Étranger de François Ozon cherche en vain les mots d’Albert Camus, qui ne cessent de se dérober sous le flux marin d’un ballet en perpétuel mouvement, baigné d’une lumière si belle venant caresser...
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Le film aurait pu être convenable, voire bon, sans les pulsions gauchistes incontrôlables d'Ozon.
La photographie en noir et blanc est très esthétique et capte l'ambiance moite d'une Alger estivale d'avant-guerre, coloniale et suffocante. Le nihilisme de Meursault est plus ou moins bien retranscrit grâce aux passages voix-off du roman, mais je pense que le film ne s'adresse qu'à des gens qui connaissent le livre. Exceptés la beauté de l'image, le jeu des acteurs et le "Killing an Arab" du générique de fin, ce film n'apporte rien du tout au chef-d'œuvre de Camus. Rien du tout. Pire, la fin trahit complètement l'esprit du texte, si finement tissé par le prix Nobel de littérature. Que vient faire ce plan final où on voit la sœur de la victime de Meursault se recueillir sur la tombe de son frère, après que Marie a été lors du procès lui demander pardon ? Ces scènes n'existent pas dans le roman. Il y a bien une raison. À respecter, éventuellement ... Ozon a voulu dire "n'oublions pas que dans cette histoire, c'est un Arabe qui a été tué" ? Soit il n'a rien compris au livre, soit il fait là un signalement de vertu gauchiste, limite wokiste, qui, c'est bien dommage, gâche le film. Le fait que la victime soit un Arabe n'a strictement aucun intérêt dans l'intrigue. Meursault s'en fout, Camus s'en fout, on s'en fout ! Cela aurait pu être un Pied-noir ou un Ouzbek que le sens de l'œuvre eut été la même. Quand l'idéologie trahit un chef-d'œuvre ... Lisez, relisez "l'Étranger" plutôt que regarder ce film. Cela prendra moins de temps et sera plus satisfaisant. Infiniment.
Créée
le 24 juin 2026
Critique lue 6 fois
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