J'y ai été parce qu'en lisant l'histoire : j'y ai retrouvé des thématiques chères aux deux premiers films de Fatih Akin (Head on (gegen die wand) et de l'autre côté) que j'ai tant aimé. Plusieurs acteurs des films d'Akin sont d'ailleurs présent dans ce film). J'imaginais bien un film un peu à la sauce "jamais sans ma fille" et redoutait vraiment certains clichés, un ton moralisateur, du misérabilisme, etc...
Je me suis pris un gros choc. C'est fort, c'est bouleversant, c'est honnête, c'est humble, c'est superbe. Le film est porté par l'interprétation extraordinaire de Sibel Kekili. Le script est intelligent et fin. Le manichéisme simpliste est balayé pour un portrait nuancé d'individus pris au piège dans des conventions communautaires dont il leur parait impensable de se défaire. La justesse des réactions, la fragilité des émotions sont cueillis par la caméra avec délicatesse et une sensibilité à fleur de peau. J'en suis sortie lessivée émotionnellement.