Découverte du cinéma de Paul Vecchiali par ce film, l’un de ses tous premiers, qui a sa petite réputation.
L’histoire d’Emile (incarné par Jacques Perrin) qui reproduit le meurtre auquel il avait été témoin étant gamin, lors d’une fugue nocturne. Il s’attaque ainsi aux femmes désespérées – artistes variées : chanteuse, danseuse, actrice – et les étranglent au moyen d’une écharpe en laine blanche, qu’il tricote lui-même.
Parallèlement, une femme rousse le cherche, fascinée, peut-être un peu jalouse, elle aimerait servir d’appât ; un policier tente de le rencontrer en se faisant passer pour journaliste ; un voleur le suit comme son ombre et vient dépouiller ses victimes après son passage.
Vecchiali semble s’affranchir de toutes les règles, tous les codes en vigueur pour réaliser un film de genre. L’étrangleur ne ressemble à aucun autre sinon à une lointaine matrice pour Yann Gonzalez ou Bertrand Mandico.
C’est un film bancal mais sans cesse parcouru de fulgurances visuelles et sonores. Je repense à cette scène de cabaret incroyable. Je repense aussi à ce moment de déambulation quand Émile songe aux violences qu’il a commises, observées ou rêvées. Je repense aux meurtres eux-mêmes, jamais montrés ou alors esquissés par l’étreinte initiale comme pour rappeler que ces crimes sont des services rendus pour son auteur.
Et le film épouse en fin de compte la folie étrange de ce personnage, vendeur de légumes souriant le jour, tueur de femmes tristes la nuit, gueule d’ange tout à fait solaire, tout à fait impénétrable, aussi. Une curiosité.