The Boston strangler de Richard Fleischer 1968 (l’étrangleur de Boston).
Ce film, inspiré de faits réels survenus entre 1962 et 1964, retrace l’histoire d’un étrange tueur Albert DeSalvo qui sévit dans Boston et ses alentours. Il s’en prend à des femmes exclusivement, en réussissant à pénétrer chez elles sans effraction. Les meurtres s’enchainent et la psychose commence à envahir les rues de Boston.
Richard Fleischer qui se prédestinait à devenir psychanalyste a toujours été passionné par ces histoires de tueurs en série. Il y reviendra donc régulièrement tout au long de sa carrière avec notamment Assassin sans visage en 1949 et surtout l’Etrangleur de la place Rillington en 1971 que je vous recommande vivement.
Il nous livre ici un véritable thriller, sombre et angoissant ou la violence est plus intellectuelle que visuelle (le seul étranglement sera mimé). Nous accompagnons tout d’abord les policiers dans leur enquête, difficile, sans réel suspect, subissant la répétition des meurtres et la pression médiatique. Le film se focalise ensuite sur les victimes et la psychose qui s’installe chez la gente féminine avant de basculer complètement à la fin de la première heure du côté du tueur.
Tony Curtis, qui interprète ce tueur schizophrène, livre une sublime prestation complément à contre-emploi (peut être la meilleure de sa carrière ?). Il avait déjà travaillé avec Richard Fleischer pour le magnifique Vikings en 1958.
Plus le film avance et plus nous pénétrons dans la tête de ce tueur en série. Henry Fonda, qui interprète l’enquêteur, multiplie les faces à faces avec le tueur pour découvrir la vérité.
Mais quelle vérité ?
La réalisation de Fleischer est une nouvelle fois très réussie. Sobre et posée pour certaines scènes. Et totalement folles pour d’autres (slip-screen à la De Palma en allant même jusqu’à 10 plans apparaissant simultanément, images furtives subliminales, fondu enchaîné…). Une réalisation finalement à l’image de son tueur en série.
Il réussit à retranscrire parfaitement la schizophrénie et la folie du personnage. Un simple miroir devient le révélateur de notre âme. Qui sommes-nous vraiment ? L’introspection est totale.
Le film se termine dans un blanc immaculé qui m’a rappelé 2001, l’Odyssée de l’espace.
Et ces mots resteront gravés en ma mémoire « Albert ? Albert ? ». Enjoy !!