Ca commence et ça se termine comme un Melville, enfin, comme un Suzuki quand il se prend pour Melville, si vous préférez, et entre ce début et cette fin, c’est le déluge.
Déluge d’inepties en tous genres camouflées derrière les pires dialogues de l’histoire du cinéma : « Septembre nous a trahi, Mercredi, mon cœur rouge s’enflamme de colère », « Ne t’inquiète pas Octobre, viens plutôt baisouiller un peu, ça va nous changer » « Nous changer de quoi, je n’ai enfilé que deux sangliers aujourd’hui », « Ca ne te gêne pas s’il y a du monde qui regarde, Vendredi ? C’est pour avoir la tête de Janvier au premier plan qui va cacher tes poils pubiens aux yeux du spectateur atterré et néanmoins pudique à la sauce soja.» « C’est tellement noble à toi Février, de te soucier du regard des autres malgré ta cécité et ton absence parfaite de décence et d’hygiène corporelle ». « Pas de compassion déplacée, Dimanche, n’oublie pas que je suis le seul à échapper à la vision révoltante du Christophe Bourseiller bridé et de ses chandails tricotés main ». « Dépêche toi de finir au lieu de discutailler, Avril, on a encore trois bars plein de civils innocents à faire exploser pour la bonne cause avant le déjeuner ». «J’arrive, Samedi, je m’apprête à répandre mon fluide viril au sein de ton corps disharmonieux et revêche. »
Et pendant ce temps là, on s’oublie à picoler gentiment en attendant que ça passe, on se dit que choisir un film sur sa durée présumée n’est pas forcément l’idée du siècle, surtout si la durée en question se révèle finalement aussi longue que les autres possibilités et on se console en se rappelant que, définitivement, Paul Labrador fait les plus charmantes omelettes du monde.