Ca commence et ça se termine comme un Melville, enfin, comme un Suzuki quand il se prend pour Melville, si vous préférez, et entre ce début et cette fin, c’est le déluge.

Déluge d’inepties en tous genres camouflées derrière les pires dialogues de l’histoire du cinéma : « Septembre nous a trahi, Mercredi, mon cœur rouge s’enflamme de colère », « Ne t’inquiète pas Octobre, viens plutôt baisouiller un peu, ça va nous changer » « Nous changer de quoi, je n’ai enfilé que deux sangliers aujourd’hui », « Ca ne te gêne pas s’il y a du monde qui regarde, Vendredi ? C’est pour avoir la tête de Janvier au premier plan qui va cacher tes poils pubiens aux yeux du spectateur atterré et néanmoins pudique à la sauce soja.» « C’est tellement noble à toi Février, de te soucier du regard des autres malgré ta cécité et ton absence parfaite de décence et d’hygiène corporelle ». « Pas de compassion déplacée, Dimanche, n’oublie pas que je suis le seul à échapper à la vision révoltante du Christophe Bourseiller bridé et de ses chandails tricotés main ». « Dépêche toi de finir au lieu de discutailler, Avril, on a encore trois bars plein de civils innocents à faire exploser pour la bonne cause avant le déjeuner ». «J’arrive, Samedi, je m’apprête à répandre mon fluide viril au sein de ton corps disharmonieux et revêche. »

Et pendant ce temps là, on s’oublie à picoler gentiment en attendant que ça passe, on se dit que choisir un film sur sa durée présumée n’est pas forcément l’idée du siècle, surtout si la durée en question se révèle finalement aussi longue que les autres possibilités et on se console en se rappelant que, définitivement, Paul Labrador fait les plus charmantes omelettes du monde.
Torpenn
2
Écrit par

Créée

le 29 oct. 2013

Critique lue 891 fois

Torpenn

Écrit par

Critique lue 891 fois

11
6

D'autres avis sur L'Extase des anges

L'Extase des anges

L'Extase des anges

5

OursKolpa

462 critiques

Nichons, masturbation et révolution

J'aime bien le gars Waka mais là il s'est quand même surpassé. Un peu d'action, beaucoup de nichons et un parfum de révolution. Wakamatsu est un cinéaste engagé voire enragé. Soit. Mais nommer ses...

le 21 déc. 2025

L'Extase des anges

L'Extase des anges

7

cineMANbis

772 critiques

L'Anarchie à Tout Prix

Un Wakamatsu quelque peu différent, plus politique, où la violence et l'érotisme servent une révolution anarchiste et ...hystérique.

le 26 août 2023

L'Extase des anges

L'Extase des anges

6

Lautael

154 critiques

Critique de L'Extase des anges par Lautael

Visuellement, le film est somptueux (à vrai dire, c'est pour un plan précis que j'ai voulu voir le film, celui-là même présent sur la vignette de SC). Scénaristiquement, c'est plus confus...

le 9 sept. 2022

Du même critique

Into the Wild

Into the Wild

5

Torpenn

1062 critiques

Itinéraire d'un enfant gâté

A 22 ans, notre héros, qui a feuilleté deux lignes de Thoreau et trois pages de Jack London, abandonne sans un mot sa famille après son diplôme et va vivre deux années d'errance avant de crever comme...

le 17 nov. 2012

Django Unchained

Django Unchained

4

Torpenn

1062 critiques

Esclavage de cerveau

Aussi improbable que cela puisse apparaître à mes lecteurs les plus obtus, j’aime bien Tarantino, je trouve qu’il arrive très bien à mettre en scène ses histoires, qu’il épice agréablement ces...

le 22 janv. 2013

Le Parrain

Le Parrain

10

Torpenn

1062 critiques

Le festival de Caan...

Tout a déjà été dit sur ce film, un des plus grands jamais réalisé. Tout le monde a vanté, un jour son casting impeccable : un Brando ressuscité, un Pacino naissant, bien loin de ses tics...

le 6 janv. 2011