C'est l'histoire d'un type, il s'appelle Frédéric Marly et il est triste.
Sa vieille maman aussi elle est toute attristée parce qu'elle possède une collection de tableaux et de meubles inestimables dans la grande demeure familiale qu'elle habite, avec sa femme de ménage, et qu'elle ne sait pas trop ce qu'il adviendra de tout ça à sa mort. Et pour bien comprendre de quoi il s'agit, on assiste à un inventaire de 10 minutes de tout le patrimoine familial.
Une tristesse que Frédéric partage avec sa sœur, Adrienne, designer au Japon, et son frère, Jérémie, manager pour Puma en Chine, car c'est peut être bien la dernière fois qu'ils voient leur mère, là dans cette belle et grande demeure où ils ont tous plaisir à se retrouver une fois par an.
Toute cette tristesse ayant été bien exposée avec les belles images qu'il faut et la jolie musique qui va avec, on les voit tous remonter dans leurs grosses voitures (il y a dans ce film un nombre de plans de berlines assez étonnant/consternant) direction Paris, la Chine ou les States.
Ellipse temporelle : maman est morte, on retrouve nos trois pauvres enfants à devoir gérer le patrimoine familial, notaires et autres vautours en embuscades...
Ce brave Frédéric, lui, préfère qu'on ne vende rien, ça fera quand même une belle maison de vacances pour ses enfants avec des jolis tableaux comme déco et tout et tout.
Ce pauvre Jérémie, lui, il préfère tout vendre. Il faut dire qu'une maison à Pékin et des vacances à Phuket ça va lui coûter une blinde. Mais c'est tellement mieux que cette vieille baraque de Valmondois.
Quant à cette pauvre Adrienne, maintenant qu'elle a récupéré le plateau en argent qui lui revenait sentimentalement, elle fait bien comprendre que la vie aux États-Unis c'est pas Marly-Gomont et qu'en plus elle va se marier avec un amerloque alors elle va pas s'emmerder avec toutes ces vieilleries dans ce vieux pays qu'est la France. Enfin, si elle peut quand même revendre les jolis carnets de son grand oncle outre Atlantique, elle va pas se gêner !
On suit les états-d'âmes -ou leur absence surtout - de ces trois héritiers...jusqu'à ce qu'ils disparaissent de la circulation - bon débarras dans tous les sens du terme - pour nous laisser dans une scène finale où les pauvres petits-enfants (mais qui s'acoquinent à fumer du shit, attention ce sont des rebelles), réunis dans la fameuse maison pour une ultime et improbable surboum au "château" se rendent compte qu'ils ont été un peu spoliés.
Pauvres choux.


4/10

Theloma
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le 18 janv. 2018

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