Quand Jakob capitaine au long cours, fait dans un bar le pari à un ami qu'il épousera la prochaine femme qui passera la porte d'entrée, qui s'avère être la sublime tout autant qu'énigmatique Lizzy, on s'installe pour suivre une romance, une histoire d'amour à l'eau de rose. L'espèce de bourru mal dégrossi que je suis, dont on peine à imaginer que derrière son physique ne donnant pas envie de se relever la nuit, dissimule un cœur d'artichaut qui adore ce genre de propositions.
Le film partait déjà donc pour moi sous de bons auspices, mais quand au fil du récit, viennent s'ajouter des éléments du thriller et un soupçon de fantastique, dont il ne me faut rien dire pour garder l'impact et l'intensité qu'ils procurent à la découverte, que ces ingrédients apportent un équilibre inattendu à l'ensemble, la satisfaction devient enthousiasme, le plaisir se transforme en euphorie et le film au rythme contemplatif et à la photographie sidérante révèle toute son ampleur. Il offre de plus un écrin majestueux à Léa Seydoux, ce glaçon qui vous fait transpirer, que les esprits chagrins aiment critiquer, mais qui pourtant a depuis belle lurette prouvée qu'elle n'était pas juste une "fille de" mais une actrice au talents et caractères immenses.