L'histoire de Souleymane est celle d'une course incessante qui rythme sa vie et la narration de ce récit filmé.
Course en vélo au mépris du danger pour livrer des clients au mieux indifférents et pourtant complices d'une forme d'esclavage moderne ...
Course pour rentabiliser la location de compte en espérant attendre le moins longtemps chez les restaurants qui offrent parfois un thé, un bonbon à la fraise ou prennent un malin plaisir à retarder les livreurs
Course pour attraper le bon métro ou le bon bus pour prendre celui du refuge d'accueil et espérer dormir à l'abri.
Abou Sangare campe Souleymane avec une présence stupéfiante à l'écran en réussissant la prouesse de faire passer ses émotions en modifiant à peine les expressions de son visage.
Ce film sur l'exploitation de la pauvreté se termine sur un entretien à l'OFPRAH pour espérer qu'une existence de papier cartonnée à de la survie devienne enfin une vie avec des papiers tout simplement.
Boris Lojkine livre une œuvre puissante, à l'opposé de tout miserabilisme dégoulinant. Une vision salvatrice et bienvenue en ces temps "modernes"