Le commandant Bréval a l'ambition de construire un barrage et de fertiliser les terres proches du fleuve Niger. Atteint de la lèpre, il décide de disparaître. Sélectionné pour le festival de Cannes de 1939, qui n'aura pas lieu, le film sort durant la drôle de guerre. Il est forcément colonialiste mais avec une certaine modération, les populations autochtones du Soudan ne faisant que de la figuration. L'intrigue est principalement amoureuse mais elle découle de la psychologie du commandant et apparait au mieux à peine crédible. Toutefois, on ne peut retirer au film une certaine maîtrise narrative et un rythme enlevé ainsi que des interprétations honnêtes d'acteurs capables de beaucoup mieux : Victor Francen et Harry Baur. En ces temps incertains, où les français avaient besoin de se rassurer face à la montée des périls, gageons que L'homme du Niger participait au maintien de son moral en illustrant son oeuvre coloniale.