Première critique (2009) :
Ne nous le cachons pas : « L'Idéaliste » est en définitive une belle déception. Pourtant, il y avait de quoi être séduit au premier abord : Coppola aux manettes, une belle distribution, un bon sujet... Bref, du velours se dit le spectateur impatient. Mais non. Il est d'ailleurs étonnant de voir à quel point Coppola se contente d'un travail propret mais sans imagination aucune, et ce pendant tout de même plus de deux heures. Et l'inévitable d'arriver alors assez vite : on s'ennuie ferme, l'émotion attendue n'étant pas non plus au rendez-vous.
Heureusement, la seconde partie réussit à quelque peu remonter le niveau, notamment grâce à des scènes de procès plutôt efficaces (une bonne habitude prise depuis longtemps par le cinéma hollywoodien), le personnage de Danny DeVito apportant un vent de fraîcheur plus que bienvenu dans ce spectacle globalement assez terne. Rien de honteux, donc, mais que les inconditionnels du « Parrain » et autres « Apocalypse Now » soient prévenus : aucune trace du légendaire réalisateur ne viendra apparaître dans ce film ô combien académique. Passable.
Seconde critique (7/10) (2025) :
Très moyennement apprécie la première fois où je n'y avais vu qu'un film de commande sans grand intérêt, je revois mon jugement nettement à la hausse. Que « L'Idéaliste » soit l'un des titres les moins personnels de Francis Ford Coppola est une évidence. Reste qu'il serait dommage de ne pas apprécier le soin évident du réalisateur à tous les niveaux, rendant assez captivante cette adaptation de John Grisham.
Si le matériel d'origine était de qualité, on apprécie la construction, l'écriture des personnages, l'interprétation générale, quelques situations fortes, les enjeux et dilemmes étant suffisamment importants pour offrir un réel suspense de bout en bout. Du classique, mais fait avec intelligence et talent : un Coppola mineur vaut toujours (beaucoup) mieux que le tout-venant.