Base de loisirs de Cergy, un 23 août, 8h34.
Il fait déjà chaud : 24 degrés affichés. Ils prévoient 33 cet après-midi ; autant dire que ça va ramener du monde. C’est la dernière semaine avant la rentrée scolaire, tout le monde veut profiter d’une douce journée bucolique.
Les jeunes des villes aux alentours viennent aborder l'île au trésor, pour y trouver une parenthèse enchantée dans leurs mornes journées d’été.
Côté sécurité, il va falloir redoubler de vigilance : on sait que ces garnements viennent souvent sans adulte et essayent régulièrement de rentrer sans payer.
Pour les familles immigrées, c’est l’occasion de se retrouver en grand nombre. Qu’elles viennent des Philippines ou d’Afghanistan, elles se disent qu’elles ont de la chance d’avoir atterri ici.
Pour les étudiants qui bossent ici l’été, on sait que c’est bientôt terminé. Qu’est-ce qu’on va faire cette année ? Reprendre la fac ou s’insérer dans autre chose ? L’avenir est imprécis.
L’Île au trésor, ce n’est pas qu’une jolie carte postale de la banlieue. C’est le reflet d'un petit bout de France.
Cette France, c’est Ryad, Nassim, Elias, Ammed : ces jeunes hédonistes qui veulent simplement goûter aux plaisirs d’une baignade bien fraîche.
C’est Yves et Hervé, les vigiles à l’entrée, qui ont constamment du travail avec eux.
C’est Alexandre et Latif, les jeunes agents de prévention du pont, sourire aux lèvres quand il s’agit de dire à Ayoub et à ses potes de ne pas faire les cons en sautant dans le courant.
C’est Marion, la caissière, qui doit supporter les blagues lourdes des jeunes dragueurs toute la journée, mais qui ne perd pas pour autant patience.
Enfin, c’est Mickaël et son petit frère, si jeune mais déjà si conscient de la beauté de ce qui compte dans une fin d’été.
« La prochaine fois, on viendra se balader ici », dit ce jeune apprenti aventurier, magnifique ambassadeur de cette douceur de vie.