Un thriller horrifique allemand qui sait se montrer éprouvant avec ses nombreuses séances d'autopsie pratiquées par le médecin légiste ou son apprentie qu'il guide au téléphone. C'est cru, le malaise est palpable chez cette dessinatrice de bédé puisque, de fait, ce n'est pas son job, et puis parce qu'on se demande qui est à ce point pervers pour glisser des indices à l'intérieur du corps des victimes.
L'autre point fort du film de Christian Alvart, c'est son atmosphère mystérieuse et sombre : on est sur une île déserte, plongée dans la nuit, envahie par le blizzard, le froid. Un tueur en série qui rôde, viole ses proies, les force à se suicider..A travers des flashbacks, c'est aussi tout le système judiciaire allemand qui est remis en question : une peine extrêmement légère pour une affaire de viol, une volonté de réhabilitation qui, visiblement, n'a pas porté ses fruits, la frustration légitime de la famille, donc des histoires de vengeance.
Chez nous, ça ressemblerait aux Rivières pourpres, à du Grangé. Ou à certains thrillers scandinaves.