D'excellents acteurs Roschdy Zem, Anouk Grinberg et Noémie Merlant entourent Louis Garrel qui réalise une comédie déjantée, reprenant les codes du polar.
Le film s’ouvre sur un parallèle entre le théâtre et la réalité, une séquence en trompe l’œil. Cette scène d’ouverture est révélatrice puisque le scénario fait naitre un double discours, mêlant le jeu, la tromperie et la réalité du quotidien, qui sont les piliers du récit.
L’écriture est d’autant plus ingénieuse que les personnages se retrouvent tous réquisitionnés pour faire vivre une scène en particulier, laissant leurs sentiments et blessures propres au second plan de ce braquage jouissif. L’idée de construire une scène mêlant plusieurs espaces autour d’un même objectif où soudain plusieurs actes se superposent est parfaitement pensé et réalisé. C’est finalement l’introduction du film que l’on retrouve ici : c’est en voulant jouer à faire semblant que la vérité transparait.
L’on regrettera l’issue laissant place au sentiment amoureux resté en filigrane de l’histoire mais qui n’apporte finalement pas grand-chose et laisse le spectateur un peu sur le côté. Ce film reste un petit bonheur, la caméra illumine Lyon en lui donnant un ton vintage. Les comédiens au service des dialogues piquant et décalés sont tous brillants et offrent un véritable moment de cinéma.