Au départ, une pièce de théâtre espagnole (Los vecinos de arriba) de Cesc Gay qui devient un long métrage, en 2020 : Sentimental. Après un remake français, voici une version américaine, qui fera sans doute bien plus d'entrées, notamment parce qu'Olivia Wilde se trouve derrière et devant la caméra, accompagnée de trois partenaires de jeu talentueux. Pourtant, L'Invitation n'est pas meilleur que le film espagnol, loin de là, en reprenant sans originalité sa mécanique et ses situations originelles, dans un huis clos censé être embarrassant et drôle, mais qui se révèle assez redondant, avec une mise en scène plate qui se contente d'enregistrer les mimiques de ses personnages dans des gros plans métronomiques. Le couple usé jusqu'à la corde qui reçoit ses chers voisins aux mœurs plutôt libérées et enthousiastes, devrait créer un contraste et un antagonisme plus profonds, mais une certaine mollesse prévaut, dans ce qui devient une sorte de psychanalyse de couple, qui n'a rien à voir avec Bergman, l'on se doute. De temps en temps, quelques répliques crépitent et suscitent des sourires, ou alors c'est la mélancolie vient montrer le bout de son nez. Mais rien de vraiment palpitant pour secouer ce lointain cousin de Carnage, qui demeure consensuel dans une grisaille à l'acidité relative.