« On peut toujours être amoureux… c’est pourquoi il ne faudrait jamais se marier »

Une comédie de mœurs efficace, sans plus

Il est obsédé par les tapis

Un couple conjugal, uni depuis près de deux décennies mais rongé par une lassitude sourde et des dissensions latentes, convie à leur table ses voisins énigmatiques du dessus, dîner longtemps différé qui précipite, au fil des libations et des confidences, l'effritement ou la résurrection de leur union chancelante.

Ils savent qu’on entend leurs orgasmes et ça les excite

I. Un rythme verbal qui ne connaît nulle langueur

Il sied de saluer, sans excès de lyrisme, la fluidité avec laquelle s'enchaînent les répliques tout au long de ce métrage : nul temps mort ne vient jamais ralentir la mécanique dialoguée, chaque échange succédant au précédent avec une célérité qui témoigne d'une plume soignée et maîtrisée.


II. Une prémisse aussi cocasse qu'ingénieuse

L'idée retenue pour catalyser l'intrigue mérite également quelque estime : que ces voisins énigmatiques dissimulent, sous leurs dehors mondains, une inclination libertine assumée constitue un ressort comique savoureux, dont le potentiel de friction avec la respectabilité conjugale de nos protagonistes est exploité avec une certaine dextérité.


IV. Une satire mordante de l'usure matrimoniale

La pellicule réussit, avec une acuité qui force le respect, à dépeindre l'érosion progressive qui gangrène les couples parvenus à l'orée de la quarantaine, ainsi que les non-dits tenaces qui empoisonnent leur communication. Le tempo enlevé, conjugué à des saillies d'une causticité bien sentie, engendre tour à tour l'hilarité franche et une tension psychologique palpable, l'un ne desservant jamais l'autre.


V. Une amertume qui refuse les facilités consolatrices

L'on appréciera également la tonalité douce-amère qui irrigue l'ensemble de l'œuvre, laquelle se refuse obstinément à toute résolution simpliste ou lénifiante, préférant offrir un regard lucide et sans complaisance sur les accommodements inhérents au mariage contemporain — probité thématique qui donne à cette comédie une substance dépassant le simple divertissement.


VI. Un quatuor d'interprètes en parfaite symbiose

La distribution mérite, enfin, un satisfecit appuyé : l'alchimie qui unit le couple rangé et vacillant aux voisins libertins fonctionne avec une aisance remarquable, chaque histrion apportant à son personnage une épaisseur qui transcende l'archétype.


VII. Une réussite honorable, mais point inédite

Il faut néanmoins tempérer cet accueil favorable par une réserve non négligeable : le genre de la comédie conjugale grinçante a déjà engendré, par le passé, des œuvres d'une originalité et d'une profondeur supérieures — de sorte que ce film, pour estimable qu'il demeure, ne saurait prétendre au rang des accomplissements les plus marquants de sa catégorie.


Trilaw
7
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il y a 7 heures

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