Contrairement à ce qu'il parait être, le film n'est - malheureusement - en rien un plaidoyer contre la peine de mort.

Plutôt un maladroit film à suspense. Tout juste un enchainement de retournements de situations qui vont du plus attendu au plus invraisemblable. Et à peine un début de critique de la justice américaine, personnifiée dans un procureur bien droit dans ses bottes, jusqu'à l'excès, et de réflexion sur la notion de culpabilité.


On se demande ce que Fritz Lang a bien voulu montrer avec ce film : que les apparences sont trompeuses ? Qu'il ne faut jamais se fier à ceux en qui on a placé sa confiance ?

Que cela est original !

Le personnage principal, malgré ce que l'on pourra apprendre ou pas sur lui, reste à peine ébauché et peine à gagner notre sympathie. Le seul rôle convaincant, est celui de Susan Spencer, très bien joué par Joan Fontaine, hélas bien conformiste.

Tout les éléments qui permettraient un questionnement sur la façon dont la justice traite et condamne un homme sont écartés : que ce soit l'enquête, le procès ou la condamnation, Fritz Lang s'en débarrasse bien vite pour aboutir à la conclusion à laquelle il veut nous amener, et que l'on voit venir depuis à peu près le début. Quant à l'histoire, basée sur une suite d'improbables retournements elle ne peut en rien offrir matière à réflexion.

Ne reste alors à notre auteur qu'à se livrer à un pénible tour de passe-passe sans tenants ni aboutissants, qui lui permet, outre son petit effet de "lapin sorti du chapeau" prenant - enfin - le spectateur au dépourvu, de ne pas trop se fâcher avec la justice américaine.


Le film s'achève en effet dans le plus pur respect des conventions, jusqu'au conformisme le plus docile : Peur du Mccarthysme alors encore bien présent à l'époque ? Peur de froisser son public et de passer pour un "rouge" en ayant effleuré une critique de la justice américaine et de sa peine capitale à laquelle tant d'américains étaient et sont encore attachés ? Lui qui n'a jamais été sur les listes noires officielles, nous montre ici qu'il a bien su mener sa barque : on amorce une critique puis on se reprend/repend bien vite dans les 5 dernières minutes... Avec cette adresse aux intéressés: No Pardon.


Loin de moi l'envie de lui reprocher ce manque de courage, mais quelle déception de la part d'un auteur qui a pu réaliser "Furie" ou "le démon s'éveille la nuit".

Ours-Bondissant
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le 10 févr. 2026

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