2
le 28 mai 2026
SuivreL'Objet du délit
Quand j'étais ado ça m'est arrivé de regarder des films de Jaoui et Bacri avec mes parents, c'était un peu mou mais j'aimais bien et depuis j'ai plutôt gardé une bonne image de ces deux bobos qui...
Faire un film sur le montage d’un opéra et en profiter pour régler ses comptes avec le monde post « mee too » constituait un défi. Il fut reconnaitre à Agnès Jaoui un véritable courage pour taper dans la fourmilière, car tout le monde en prend pour son grade ici avec plus de subtilité que ce que je craignais. J’ai une tendresse pour Agnes Jaoui, qui est capable d’être maladroite et émouvante en même temps. Ici, le petit monde de la création musicale en prend pour son grade avec des personnages totalement incompétents imposés par des mécènes et autres producteurs dont les motivations sont soit égocentriques soit fortement motivées par l’appétit sexuel. Une mention spéciale à l’actrice qui interprète à la perfection une idiote qui ne connait rien à la mise en scène et ne sait que répéter un discours féministe dont elle ne comprend pas un traitre mot. On comprend vite que les personnages des rouages essentiels de cette aventure seront ceux qui resteront dans l’ombre. Ensuite viennent les hommes. Jaoui brosse un portrait réjouissant doux-amer des hommes post « mee too ». Celui qui est terrorisé à l’idée d’apparaitre sur une liste d’accusés publiés sur les réseaux sociaux, mais ne s’interroge pas sa conduite passée pour autant, le ténor italien raciste et totalement étranger aux femmes qui se retrouvé accusé d’être un tripoteur, celui qui, faussement féministe et compatissant, est un mec qui ne veut que consommer une femme disponible et un vieillard priapique totalement décomplexé qui se moque d’être d’une époque révolue. Jaoui ne s’arrête pas là elle s’attaque aux femmes ; elle commence par elle-même - femme boomeuse - qui connait les faiblesses des hommes et sait poser ses limites, puis elle passe avec jubilation aux féministes qui sont saisies dans leurs excès jusqu’au ridicule et qui finissent par desservir la cause qu’elles prétendent servir. À cet égard, la comédienne qui se laisse convaincre d’avoir subi un attouchement et n’a pas su dire « stop » quand il le fallait, est excellente dans l’expression de ses contradictions. Le tout est filmé avec beaucoup de tendresse et de subtilité loin des grosses ficelles féministes/machistes. Malheureusement, il n’y a pas que du bon dans ce film. La longueur tout d’abord. Le film mériterait un passage à la table de montage pour tailler dans le tas et revenir à un format plus digeste sans perdre le fil du propos. Et puis, il y a l’entre soi qui transparait un peu trop dans le film : on fait travailler les copains alors qu’Agnès Jaoui pourrait faire mieux. J’ai tout de même essuyé une larme en lisant la dédicace du film au générique.
Créée
le 31 mai 2026
Critique lue 35 fois
2
le 28 mai 2026
SuivreQuand j'étais ado ça m'est arrivé de regarder des films de Jaoui et Bacri avec mes parents, c'était un peu mou mais j'aimais bien et depuis j'ai plutôt gardé une bonne image de ces deux bobos qui...
6
le 31 mai 2026
SuivreOn aura frôlé la catastrophe ! Car honnêtement, L'Objet du Délit s'annonçait comme un petit naufrage. Il aura fallu 8 ans à Agnès Jaoui, immense actrice, pour repasser derrière la caméra (son dernier...
6
le 28 mai 2026
SuivreDans la petite salle où je vais voir le film, une bande de mamy qui viennent chercher le divertissement et la clim', papotent pendant les bandes annonces, elles sont rigolotes. La moyenne d'âge de...
7
le 3 juil. 2024
SuivreQuel film ! Je ne sais pas par où commercer pour écrire cette critique. Dois-je parler d’abord des destins croisés de personnages que le réalisateur suit au long de trois heures ? Dois-je parler du...
8
le 5 mars 2024
SuivreJe ne sais pas pour vous, mais il m’arrive de passer complètement à côté d’un beau film par pur manque d’attention. C’est ce qui m’est arrivé lors du dernier Festival de Cannes à propos de Firebrand...
8
le 14 sept. 2024
SuivreIl y a des films dont on pressent qu’ils deviendront des classiques dès les premières images. C’est le cas de ce « tatami ». Avant de parler du message transmis par le film, il faut s’intéresser au...