Un voyage envoûtant et bouleversant

Je ne suis pas cinéphile, j'ai découvert l'existence de ce film via la promo faite à la télévision, et les quelques images diffusées alors m'ont donné envie de me déplacer dans un cinéma. N'attendez donc aucune référence au passé du réalisateur, ni de comparaisons douteuses sur l'angle choisi pour l'interprétation de tel ou tel personnage, je n'ai aucune légitimité ni culture pour le faire.
C'est donc en total néophyte que je prends place dans la salle, et la magie ne tarde pas à s'opérer.
Toute personne né avant l'an 2000 doit connaître le commandant Cousteau, toujours coiffé de son bonnet rouge, naviguant sur la Calypso pour ramener des films documentaires sur la vie sous marine que l'enfant que j'étais alors trouvaient régulièrement soporifiques.
Ce film raconte donc cette période de la vie du marin, des premiers essais d'une caméra subaquatique sur une plage de Bandol, entouré des siens, à une certaine prise de conscience, initié par son fils préféré.
Je ne sais pas si l'on peut parler de spoilers ici, sachant que sa vie est trouvable en un ou deux clics sur le net, mais je vais tout de même tâcher de ne pas gâcher la surprise en dévoilant les diverses étapes du film.
On apprend tout de même que le commandant n'était pas un modèle de fidélité, que sa femme a fait preuve de générosité et de courage jusqu'au bout, qu'il avait une nette préférence pour l'un de ses fils, et que toute sa vie n'a été qu'un challenge pour financer ses projets toujours plus fou, voire mégalo. On est quand même très loin du meilleur ami des poissons. Comme il le reconnaît lui-même : il a voulu conquérir ce nouveau monde, au lieu de le protéger.
Du côté des images, on est régulièrement émerveillé par la beauté de ce qui est filmé, que ce soit la scène des requins, celle sur l'Antarctique ou encore celle des lions de mer (pour n'en citer que trois). On réalise que la Terre est merveilleuse et terriblement fragile, et que l'Homme casse ce qui ne lui appartient pas pour son propre profit.
Le jeu des acteurs est, de mon point de vue d'amateur, une réussite. Durant certains plans, on en oublie Lambert Wilson et on est troublé de voir Jacques Yvec Cousteau à l'écran. La tenue, les postures et l'angle de la caméra aident sûrement à cette confusion, mais tout de même, c'est bluffant.
Au final, on sort de la salle troublé, se sentant tout petit après avoir été témoin de la tranche de vie d'un homme majeur du XXème siècle, et bouleversé par la dernière scène.
Non, Cousteau n'aura pas été qu'un vieux marin ramenant des images chiantes diffusées durant les vacances de Noel. Il aura également été un homme allant au bout de ses rêves, croyant à ses projets, sans tellement se mettre de barrière pour les atteindre. Un homme dont la mégalomanie nous aura paradoxalement rendu humbles, qui est, malgré tous ses travers, impossible de ne pas aimer.
Un beau voyage que je ne peux que conseiller.

Shubby
8
Écrit par

Créée

le 25 oct. 2016

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