L'Odyssée
7.3
L'Odyssée

Film de Christopher Nolan (2026)

Je me doutais que de voir une œuvre telle que L’Odyssée entre les mains de Christopher Nolan donnerait quelque chose de spectaculaire. Mais même en connaissant la filmographie du bonhomme, jamais je ne me serais attendu à recevoir une nouvelle claque de sa part. Car oui, L’Odyssée est une franche réussite, et je dirais même qu’il s’agit tout simplement de l’un de ses meilleurs films. Avec cette nouvelle réalisation, Nolan nous propose un voyage dans tous les sens du terme. Premièrement une épopée, dans les règles de l’art, qui voit le personnage principal effectuer un trajet pour rentrer chez lui et rencontrer diverses épreuves sur sa route. Ces dernières se matérialisent par des effets spéciaux d’une très grande maîtrise mais également par le goût du cinéaste pour le réalisme, allant jusqu’à filmer en décor naturel, avec des lumières non artificielles. Le visuel s’avère grandiose, et se retrouve embelli par la photographie de Hoyt van Hoytema et la (somptueuse) musique de Ludwig Göransson, conférant une ambiance crépusculaire hypnotisante. Et parfois au bord du cinéma horrifique, avec une efficacité plus palpable et viscérale que bien des productions du genre – les séquences de Circée et du cyclope Polyphème, assurant que Nolan pourrait gérer sans problème un film d’horreur. Deuxièmement, L’Odyssée est également un périple introspectif pour Ulysse, transformant son aventure en un récit beaucoup plus riche et complexe qu’au premier abord. Les épreuves ont beau être mémorables, c’est son traitement du protagoniste qui attire le plus l’attention. Ne serait-ce que la manière dont le réalisateur présente un leader amer et empli de remords, comme tout personnage nolanien qui se respecte. Un peu à la manière de The Dark Knight, Ulysse devient une figure qui envoie valdinguer la notion de héros. Car qu’est-ce qui peut définir un héros, si ce n’est voir quelqu’un bâtir son histoire sur la mort de plusieurs personnes et la destruction d’une civilisation entière ? Nolan interroge sur cette appellation, et surtout sur les histoires que l’on raconte de ces héros – comme le fait Michael Sarnoski avec le récent On l’appelait Robin des Bois. Et enfin, L’Odyssée, c’est aussi une traversée du temps. Comme c’est toujours le cas chez Nolan, me diriez-vous, car ici, nous avons un nouveau récit à la linéarité explosée. Ce dernier oscille les points de vue, entre Ulysse vivant son périple et pensant à la guerre de Troie. Mais aussi son fils Télémaque, qui attend son retour dans un cadre où règne une tension politique constante. Se balançant entre ses intrigues, Nolan réalise un véritable tour de force, qui est d’afficher une fidélité sans faille à l’œuvre d’origine tout en imposant son style et sa vision. L’aspect divin et mythologique n’est vu qu’à travers les yeux d’Ulysse, dont l’aventure n’est en réalité qu’une histoire racontée. Le réalisateur use le divin pour respecter le récit d’Homère, mais également pour en faire une métaphore. Celle du regret qui ronge notre héros, encore une fois de son point de vue. Et dès que nous sortons de la tête d’Ulysse, tout n’est que manipulations et sournoiserie. Des actions bien plus terre-à-terre, loin de toute imagination. En faisant cela, Christopher Nolan donne ses lettres de noblesse à ce qu’est un chant. Soit une histoire qui peut être embellie et romancée pour la rendre exceptionnelle. Et qui peut être modifiée à travers les âges, où elle pourra subsister. Ce que confirme Nolan en une seule réplique, quand un personnage demande à Ulysse de raconter son histoire après sa mort, sans avoir peur de trop en faire. Par tout cela et à l’aide d’un casting aussi impressionnant par sa notoriété que du talent de ses interprètes – mention spéciale à Tom Holland et Anne Hathaway -, L’Odyssée écrase sans conteste la concurrence. Certains auront bon pinailler sur des costumes fantasques ou bien sur les choix d’acteurs.rices, le nouveau long-métrage du réalisateur est une œuvre à l’indiscutable ampleur. À la fois épique et intime, L’Odyssée est un voyage cinématographique qu’il ne faut louper sous aucun prétexte !

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il y a 6 jours

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