Christopher Nolan a toujours aimé filmer des personnages perdus ou en quête d’un foyer, tout en explorant le temps, la mémoire et la quête d’identité, comme dans Inception, Memento ou Interstellar. Il a également toujours aimé s’approprier les mythes, comme il l’avait déjà fait avec la trilogie The Dark Knight. L’Odyssée semblait donc être un sujet taillé sur mesure pour le cinéaste britannique.
Le résultat est un film profondément nolanien.
Avec son récit déconstruit et sa narration non linéaire, le réalisateur mêle action et horreur. La prise de Troie hante le récit du début à la fin et guide progressivement le spectateur vers un dénouement d’une grande justesse. La séquence de body horror est un véritable régal : aussi malaisante que fascinante, elle révèle une facette du cinéaste qu’on ne lui connaissait pas. Mais au-delà du spectaculaire, pourtant omniprésent, Christopher Nolan livre surtout une relecture moderne, intime et profondément humaine de ce mythe fondateur.
Cette ambition est magnifiée par la musique de Ludwig Göransson. Le passage du chant des sirènes est tout simplement sublime et place cette partition parmi les plus grandes réussites du compositeur.
On pourrait reprocher à Christopher Nolan son manque de fluidité dans les scènes d’action, une critique qui revenait déjà à l’époque de sa trilogie The Dark Knight. Si elles ne sont pas toujours très lisibles, elles restent cependant prenantes, notamment lors de l’affrontement final, où la tension est à son comble.
L’Odyssée est un grand film de cinéma, tourné en IMAX et en pellicule 70 mm. Pendant près de 2 h 50, le spectacle visuel et sonore impressionne par son ampleur. Un pur moment de cinéma, comme on en voit malheureusement trop rarement.