L'Odyssée
7.3
L'Odyssée

Film de Christopher Nolan (2026)

Mon problème avec ce film c’est que je pourrais faire un copier coller de ma critique d’Oppenheimer sans être hors sujet. 


Christopher Nolan nous propose donc une nouvelle bande annonce de 2h30 (on pourrait couper le films en morceaux de 1 à 3 min et les mettre en ligne que ça ne choquerait personne).


Devenu une parodie de lui-même, Nolan monte son film non pas pour raconter une histoire mais pour vous garder éveillé. Cut sur cut, storyline qui s’entrecroisent dans des temporalités différentes et horribles cacophonie qu’ils osent appeler « musique », il est impossible de ressentir une quelconque émotion face à cette déferlante d’informations. 

On assiste impuissant à une flopée de situations quasi identiques et sans aucune prise de risque ni intérêt pour le récit. Jamais on ne ressent le temps qui passe, l’épuisement, la violence, l’horreur, la tristesse, pourtant il y avait de quoi faire une véritable descentes aux enfers (on flirte avec l’horrifique voir le body horror mais sans jamais avoir les couilles d’y aller à fond, ni d’ajouter une horreur psychologique).


Christopher Nolan ne sait pas raconter, il doit tout expliquer par le biais des dialogues, jamais l’image ne nous apprend quoi que ce soit, elle ne sert que de support grossier et lourdo (insert en flashback, explication en direct des situations en changeant de timeline).


Ce film ne possède que 4 plans : mi hauteur sur personnages avec background flou pour les dialogues, zoom sur détails, vue de groupe et vue au drone pour un peu de paysage (bon allez 5 si on compte les mauvaises scènes d’actions (dernier mot inutile)), pas aidé par la mocheté de la photo. Donnez une caméra au premier pec’ qui passe et vous aurez plus de chance d’avoir quelque chose de créatif. 

Nolan ne s’amuse pas, se prend trop au sérieux mais ne comprend pourtant même pas ce que raconte l’Odyssée. Il est quand même paradoxal de mettre à ce point au second plan l’humain, s’il fallait ne pas faire quelque chose dans cette histoire, c’était bien ça.


Les personnages ne changent pas, Ulysse devrait subir le temps, le sentir s’épaissir et en voir l’impact sur son être profond, mais il revient inchangé. L’épreuve de patience du chemin parcouru ne se traduit finalement que par une suite d’aventures trop courtes et interchangeables.

Je ne parlerais pas non plus de la quantité de personnages inutiles (notamment chez les femmes) et sous exploité et encore moins du manque terrible de présence mystique, des dieux. Que Nolan souhaite s’en affranchir, pourquoi pas, mais ici il semble se perdre dans un entre deux dont le coupable est simple : le manque de prise de décisions.


Quand on pense à Interstellar, on ne pense pas à une image de vaisseau spacial, on pense à l’émotion de Matthew qui voit un message de sa fille. Quand on pense à l’Odyssée (de Nolan…), on pense à des flashs lumineux qui ne parviennent jamais à imprimer la rétine tant c’est laid. Rien de plus désincarné, impersonnel que les derniers films du gars. Jamais peur, jamais heureux, jamais triste, jamais en colère, jamais crade, jamais touché, jamais choqué, jamais souffrant, seulement un enchaînement de plans hideux qui sautent de scène en scène.

Jamais Poseidon, Zeus, le cyclope, Scylla, les sirènes, les prétendants à Pénélope et les petites chamailleries du fils ne semblent réellement être des dangers. C’est un manque d’enjeux flagrant. Pas une réécriture donc, ni même une adaptation, juste un copier coller de scènettes qui jamais n’interroge le récit, ne l’actualise ou ne choisit un parti prit unique.

Ne pas approfondir les personnages, voilà le mantra de Nolan, une galerie de figurants dans le voyage d’Ulysse bon qu’à mourir sans affect.


Pour ce qui est des acteurs, Zendaya ramène une fanbase, Tom Holland et Matt Damon sont aussi moyen qu’a leur habitude, Pattinson relève heureusement le niveau, Mia Goth fait tristement office de figurante. Preuve de plus, s’il en fallait une, du seul intérêt commercial de ce film.


Nolan sait qu’il est Nolan, il ne fait rien pour changer ça, au contraire il s’y enfonce pour le plus grand (dé)plaisir des spectateurs.

Nicolas_S
3
Écrit par

Créée

le 18 juil. 2026

Critique lue 180 fois

Nicolas_S

Écrit par

Critique lue 180 fois

14
2

D'autres avis sur L'Odyssée

L'Odyssée

L'Odyssée

8

Kelemvor

786 critiques

Christopher Nolan a trouvé son Ithaque : le voyage impossible d’un cinéaste face aux dieux

Adapter L’Odyssée après plus de deux millénaires d’interprétations, de traductions et de détournements, c’est accepter de se mesurer à un récit qui appartient moins à son auteur qu’à la mémoire...

le 15 juil. 2026

L'Odyssée

L'Odyssée

7

Sergent_Pepper

3192 critiques

Du chant et des armes

Le parcours de Nolan est passionnant : c’est l’un des grands réalisateurs en activité, parmi les rares de cette génération à pouvoir déplacer les foules sur son seul nom. Après s’être illustré dans...

le 16 juil. 2026

L'Odyssée

L'Odyssée

3

Plume231

2403 critiques

Chante, déesse... une autre version !

Cela vaut le coup de tourner en Grèce, en Italie, en Écosse, en Islande et au Maroc, qui plus est avec un format IMAX, si c'est pour chier des images aussi attrayantes pour l'œil que des vues de...

le 16 juil. 2026

Du même critique

La fête est finie

La fête est finie

6

Nicolas_S

72 critiques

Orelsan, chapitre final

Il s'est fait attendre ce disque, ça oui, 6 ans depuis Le Chant des Sirènes, 6 ans que l'on attend un nouvel album solo, alors bien sûr on a eu droit à deux très bons albums des Casseurs Flowters, un...

le 19 oct. 2017

The Last of Us Part II

The Last of Us Part II

10

Nicolas_S

72 critiques

Every, last, one of them.

(Critique avec spoiler) Le générique se lance et la sensation est la même, celle du vide, d’avoir une seconde fois vécu quelque chose d’unique. The Last of Us se plaçait comme un récit d’espoir,...

le 26 juin 2020

Ce monde est cruel

Ce monde est cruel

4

Nicolas_S

72 critiques

NQNT 44

Et on dit « bravo Vald » pour avoir réussi à sortir un album aussi générique que le reste du rap français de ses 2 dernières années ! Et on dit « bravo Vald » pour avoir...

le 11 oct. 2019