Je suis allé voir l’Odyssée hier soir anticipant un bon moment de cinéma a la lecture de quelques titres élogieux parus dans la presse.
À l’arrivée quelle déception … ce film est un véritable navet hollywoodien… supplice de 3 heures pour le spectateur …
Des les premières 5 minutes on est saisi d’un mauvais pressentiment… la scène d’ouverture, un banquet des prétendants rassemblés à Ithaque, sonne tout de suite faux… avec dans le rôle du conteur un Travis Scott en dreadlocks qui nous fait bien comprendre dès le premier plan que la diversité voulue par Hollywood sera bien prise en compte par le réalisateur. Scène interminable… on serre les dents en se disant que c’est un mauvais moment à passer mais qu’une fois Ulysse retrouvé à Troie ou sur son bateau les choses vont s’arranger …
Que nenni …. Tout sonne faux… les décors (Nolan a confondu la Grèce avec une sorte d’heroic fantasy), les costumes (tout droit sortis de Game of Thrones), les dialogues (F… word, Mum, Dad,… le tout accompagné de tirades genre développement personnel), les acteurs (qui n’ont qu’une seule corde à leur arc … comme celui d’Ulysse remarquez …)….
Aucune surprise sur le scénario… on subit péniblement chacune des étapes du périple d’Ulysse sans aucune inventivité sur la mise en scène … c’est long … c’est loooong … avec en plus les inévitables aller-retours à la Nolan…..
Seules séquences qui ressortent un peu du lot à mon sens :
- la scène du Cheval de Troie, tracté sur la plage et accompagnée de la description du supplice des soldats cachés depuis des jours à l’intérieur du cheval
- l’arrivée sur l’île des Lestrygons avec un enfant semblant inoffensif accueillant les compagnons d’Ulysse
- et le passage au royaume d’Hades, avec les morts de la bataille de Troie sortant du sol dans un paysage crépusculaire
Tout le reste est raté … le film est une vaste daube façon péplum kitch des années 50…. baigné de bien pensance aux standards DEI Hollywoodiens (avec son quota d’acteurs noirs, asiatiques ou en transition de genre… il ne manque qu’un acteur en surpoids pour parfaire le tableau)
Matt Damon - que j’adore habituellement - est à la dérive, comme son personnage ceci étant …- se demandant ce qu’il fait dans ce navet… il a 7 ans pour y réfléchir auprès de Charlize Calypso, sublime, mais qui a confondu son rôle avec une pub pour le Club Med…. mais Dior j’adore ….
Telemaque / Tom Holland qui selon Nolan est censé incarner le rite du passage à l’âge adulte est paumé et courbe l’échine sous les coups de ses ennemis tout au long du film, attendant que son père vienne le secourir.
Pénélope / Anne Hathaway oscille entre une American Housewife et une pimbêche qui glousse quand son Ulysse de mari bande … son arc …
Athena / Zendaya … pourquoi …? Mais que fait elle là….
Et même le chien, peut être le moins mauvais du casting, nous fait une Cotillard quand il passe de vie à trépas au retour d’Ulysse à Ithaque. Il n’aura sans doute pas survécu aux 3 heures que lui a infligé Nolan ….
Après un dernier passage façon « All is lost » avec Damon dans le rôle de Redford, le tout se termine par une ultime scène ridicule, où Ulysse affronte seul une bonne cinquantaine de prétendants éconduits… on se croirait dans un épisode de The Expandables …
Tout est bien qui se finit bien. Matt et Anne très amoureux partent en croisière vers un monde meilleur du côté du soleil couchant - heureusement il doit y avoir l’Amerique par là bas … - sous un flot de repentances sur les méfaits de la guerre que ne renieraient pas les Miss France, et, laissant comme une quiche leur fils Telemaque gérer les affaires courantes sur Ithaque….
Bref vous l’avez compris … fuyez !