Retour critique cinéma :
L'Odyssée
De Christopher Nolan avec la majeure partie des acteurs de Hollywood.
N'écoutez pas les fachos décérébrés qui ne connaissent ni le cinéma (de Nolan) et encore moins le texte d'Homère, l'Odyssée... Que voilà du grand spectacle, finement écrit avec une interprétation magistrale de Matt Damon.
L'ignorance crasse des trolls d'internet est terrassée par le film de Nolan.
Il faut vraiment avoir l'esprit sclérosé par la haine recuite et une inculture abyssale pour hurler à la "trahison" ou au "wokisme" devant une telle œuvre.
Sur les réseaux sociaux, la fachosphère s'étouffe de rage, pleurnichant parce que Nolan ose déconstruire leur fantasme du héros viriliste et invincible. Ces tristes sires s'insurgent de voir un Ulysse rongé par le syndrome de stress post-traumatique, brisé par dix ans de carnage à Troie.
Pire, ils hurlent au scandale devant le sous-texte politique du film, qui rappelle subtilement (et avec une grande fidélité historique) que l'épopée d'Homère est aussi l'histoire du statut de l'étranger, de naufragés, et de l'hospitalité (la fameuse Xenia grecque) érigée en valeur suprême.
Laissons ces trolls de bas étage à leurs certitudes nauséabondes : ils n'ont visiblement jamais ouvert l'œuvre originelle de leur vie. La mythologie grecque n'a pas attendu leurs indignations de comptoir pour explorer la complexité, la vulnérabilité et la diversité de la condition humaine.
C'est une claque visuelle et narrative monumentale.
Car au-delà de ces polémiques stériles, ce que livre ici Christopher Nolan est une fresque d'une ampleur vertigineuse.
C'est une claque cinématographique totale, le genre de jalon qui justifie à lui seul l'existence des salles obscures.
Faisant fi des bouillies numériques sur fond vert qui gangrènent le blockbuster contemporain, le cinéaste britannique nous embarque dans une expérience sensorielle et viscérale.
Tourné en pellicule IMAX 70mm sur les véritables flots tumultueux de la Méditerranée (et dans six pays), le film possède une texture, une granularité et un poids physique que le CGI ne pourra jamais égaler.
Nolan, fidèle à son génie, s'empare du mythe pour le tordre à travers son prisme favori : le temps.
La chronologie éclatée de L'Odyssée trouve ici son traducteur ultime.
Le montage, d'une maestria absolue, entremêle trois temporalités :
L'attente fiévreuse et la prise de conscience politique d'un Télémaque incarné par un Tom Holland plutôt insipide.
Les flashbacks horrifiques, moites et sanglants du siège de Troie sont les jalons mémoriels de la rédemption et du retour d'Ulysse à Ithaque.
L'errance désespérée d'Ulysse face aux caprices des dieux et des éléments c'est son chemin de croix.
Les séquences de bravoure s'enchaînent avec une puissance tellurique qui vous cloue au siège. Que ce soit la claustrophobie terrifiante de la grotte du Cyclope, traitée comme un pur survival horrifique ( et encore plus le chapitre consacré à Circée, scène inoubliable et horrible de la transformation en cochons des compagnons d'Ulysse), ou la traversée du détroit de Charybde et Scylla sublimée par un mixage sonore assourdissant, l'ampleur de la mise en scène donne le vertige.
Au centre de ce maelström, Matt Damon porte le film sur ses larges épaules. Massif, le regard hanté, il livre l'une des performances les plus denses et poignantes de sa carrière, incarnant physiquement l'épuisement d'un homme dont le seul moteur est la promesse d'un retour dans son foyer lointain.
L'Odyssée de Nolan n'est pas un simple péplum. C'est une symphonie tragique, brutale et grandiose, un défi jeté à la face d'un Hollywood standardisé.
N'en déplaise aux aigris incultes du web : le grand cinéma est bien vivant, et il vient de trouver son nouveau chef-d'œuvre.