Cette adaptation de l’Odyssée constituera très probablement un monument cinématographique. Projet immense et dense dans sa narration, on ne peut qu’être impressionné par cette adaptation de Nolan qui n’a pas froid aux yeux. Ce film va très probablement avoir un impact favorable quant au fait de réinvestir les récits homériques, et plus largement les récits antiques. Ce péplum satisfait tous les items attendus dans le registre : voyage, périple, résilience, sobriété, ou encore spiritualité. Élément significatif du film et du traitement du personnage d’Ulysse : le « renversement » du héros antique par Nolan permet à l’adaptation de revêtir une dimension moderne et constitue l’élément fondamental d’une eschatologie civilisationnelle.
Un regret tout de même : un récit dense qui aurait peut-être mérité d’être divisé en plusieurs parties pour explorer plus en profondeur les dimensions d’une mystique. Le terreau est suffisamment présent, mais les exigences de production ne nous ont pas permis de suffisamment prendre la mesure des thématiques traitées à travers ces périples : Polyphème sur l’altérité, le royaume d’Hadès comme réponse pour un existentialisme ou encore la rencontre avec Circé comme étape primordiale pour déconstruire le héros antique.