J'ai été complètement immergée par ce film qui privilégie un réalisme brut et organique au tout-numérique. J'ai trouvé le travail sur le son et la qualité d'image tout simplement magnifiques : pendant les scènes de tempête, le craquement du bois et le fracas des vagues m'ont plongée physiquement au cœur de la houle. La musique apporte une vraie modernité qui fait un bien fou : elle évite les pièges classiques de ce genre d'épopée mythologique, loin des envolées de violons ou de cuivres dramatiques habituels, en insufflant une énergie brute et contemporaine qui rappelle la puissance des compositions d'un Hans Zimmer. J'ai particulièrement aimé la façon dont les créatures comme le Cyclope sont intégrées, de manière très naturelle et sans jamais faire "plastique", tout comme l'approche des dieux, suggérés avec subtilité à travers la puissance de la nature. Mention toute particulière pour les décors d'Aït-Ben-Haddou : c'est un endroit empreint d'une émotion si chère à mon cœur, habité par le souvenir impérissable de ce voyage partagé et de la générosité des femmes du village qui nous avaient offert des pizzas marocaines. Le retrouver magnifié à l'écran apporte une authenticité et une poésie tout simplement extraordinaires à cette épopée.