Que les puristes me crucifient pour ne pas avoir bouffé le dernier gros blockbuster de l'industrie américaine en IMAX 70mm. Cet argument de vente, qui aura su créer des mêmes hilarants, apporte, certes, de l'image en plus par rapport aux autres films. Mais cette image supplémentaire n'est d'aucune utilité pour le capricieux Nolan qui ne s'en sert en aucun cas de façon intelligente. Sa mise en scène est bateau et ne vient rien apporter. Il n'y a ni style, ni point de vue.
C'est un immense produit, que les gens gobent et en ressortent estomaqués, criant au génie. Le seul génie derrière ce film est probablement la personne chargée du marketing, qui aura su faire croire au monde entier que Nolan était le prophète moderne du 7ème art...
Si votre objectif est de passer 3h sans trop vous ennuyer et sans réfléchir, alors la porte de l'ignorance est grande ouverte. Car, il faut le dire ou du moins l'écrire, à quoi rime cet énième film-divertissement qui n'a d'intérêt que dans l'objectif d'occuper un spectateur qui a besoin d'être nourri par des images de basse qualité. Le cinéma est un moyen d'occupation mais aussi de réflexion, comme tous les autres arts. Ici, tout est pré-mâché, pré-digéré et pré-pensé. Le spectateur n'est acteur en rien de ce déluge en IMAX 70mm, ou plutôt, de cet afflux d'argent que l'on aperçoit de par les acteurs ou les effets spéciaux.
Le problème béant pour moi, stigmate de tout un cinéma grand public qui contamine nos rétines, est bien la musique. Elle sert tantôt de cache-misère, tantôt d'accompagnement à la compréhension des scènes. Quand la musique sans personnalité est placée sur des scènes de dialogues mauvaises, elle les rend fades. C'est une utilisation maline mais qui n’approfondis pas les scènes, la musique est là de façon utilitaire et non réflexive.
Les séquences s'enchaînent avec pour seule conséquence la diminution du nombre d'hommes. Ces mêmes hommes à qui aucune importance n'est donnée, ils ne sont que des outils et le seul personnage qui importe est Ulysse. Ils essaieront de se révolter une fois, avec une mutinerie tout aussi inutile que Zendaya. C'est juste un défilé d'aventures qui n'apportent rien au récit. Et même si le passage de l'île de la mort vient montrer à quel point Ulysse est vraiment pas gentil, on ne s'en rend pas réellement compte. Tout ce que l'on voit, c'est une foule numérique et c'est tout. Deux dialogues échangés et tout lui est pardonné à la fin en un champ-contrechamp.
Tout de même, un passage sort du lot grâce à son assez bon niveau de maîtrise : la séquence du cyclope. Le timing, le son et la lumière sont plutôt réussis et cohérents, favorisant l'immersion (pour dire l'exploit). Le moyen cinématographique est utilisé afin de véhiculer de l'émotion, miracle ! Le tout confère à ce passage une certaine sensation d'effroi. Le visuel est également bien abouti, nous offrant une créature assez angoissante.
Sinon, Nolan n'a rien montré de nouveau ou d'innovant. Son IMAX n'offre rien, il le fait parce que c'est un des seuls cinéastes à pouvoir se permettre de faire un film complet avec dispositif. Un petit caprice bourgeois qui deviendra peut-être la norme dans 50 ans. Pour l'instant, ce n'est qu'un argument marketing qui semble bien marcher en plus...
Le film n'est pas nul non plus, c'est juste un divertissement comme un autre. Qui rentre par un œil et qui sort par l'autre.