Le retour du péplum en grande pompe.
En grande pompe aussi le battage médiatique autour du film, à l'américaine, le must have seen du moment avec aux commandes Christopher Nolan.
Mais s'attaquer à Homère, ce n'est pas une "Ciné cure", même quand on s'appelle Nolan.
Pour ma part, je trouve le film inégal, avec des passages réussis et d'autres très creux. De réussie je dirais la fin, sombre et profonde et de très creux je dirais notamment la scène du Cyclope en carton pâte.
Le personnage d'Ulysse, campé par un Matt Damon "Basic Fit", me laisse aussi sur ma faim.
C'est un taiseux vieillissant, qui manque de charisme, franchement fatigué, ce qu'on peut comprendre après un tel voyage en classe éco mais quand même. Je pensais qu'Ulysse était un bavard surdynamité et j'ai assisté à un personnage quasi dépressif, très éloigné des héros antiques vantés par la littérature. Sans doute une volonté de Nolan, adepte des films sombres et mélancoliques, ouverts à la réflexion sur l'âme humaine. Si telle était sa volonté, alors c'est assez réussi mais peu fidèle au héros d'Homère il me semble. Je pense que les grecs de cette époque n'auraient pas aimé le film et Zeus non plus, peu mis en avant dans le film et pourtant central dans l'Odyssée.
Quant à Pénélope, incarnée par Anne Hataway, la mayonnaise ne prend pas. Plus habituée des comédies romantiques, la gravité du personnage ne lui va pas très bien.
Je ne serai pas très objectif s'agissant de Pattinson car je n'aime pas cet acteur qui ne m'a jamais transcendé dans aucun de ses films et qui incarne un prétendant au trône insipide et caricaturalement méchant. Il est bien meilleur dans Mickey 17, un rôle de composition !
J'ai aussi un problème avec Zendaya qui incarne Athéna car je n'arrive pas à me détacher de son personnage dans Dune, je vois trop la Chani du désert dans l'Odyssée, ce qui m'a gêné.
Il y aussi Charlize Théron en Calypso, envoutante et ensorcelante, comme dans la pub Dior !
Pour moi, la seule "révélation" du film est Samantha Morton dans le rôle de Circé. Plutôt habituée aux seconds rôles, elle prend ici une nouvelle dimension, marquée par l'épaisseur du personnage et la justesse du jeu.
En résumé, un film intéressant mais pas homérique. Je préfère le Nolan d'Interstellar ou d'Oppenheimer.