C'était vraiment pas mal! Je ne savais pas que c'était de Bob Wise avant de voir son nom apparaître au générique, ça m'a surpris. Il aura vraiment touché à tout, le bougre.
L'intrigue est efficace. Nous sommes dans une enquête mais les auteurs n'oublient pas de créer des personnages et des situations. De plus, pendant toute la première moitié du film, on ne sait vraiment pas qui ça peut être, même ceux qui sont écartés dans un premier temps paraissent suspect. Mais c'est par un climat de paranoïa que le scénariste parvient à nous duper, car le moindre petit détail devient soudainement très important, alors qu'après réflexion ça n'aurait pas dû. La deuxième moitié est intéressante car on nous présente assez vite le bomberman, s'en découle alors un combat idéologique (assez bref tout de même). La dernière partie est assez trash ; ne connaissant pas les faits réels, je ne m'attendais pas du tout à cela et encore moins à ce que les auteurs proposent quelque chose d'aussi trash. Cette dernière partie est d'une violence assez choquante par moment, encore aujourd'hui, car on voit des images que l'on n'a pas l'habitude de voir et en plus cela détonne avec l'ambiance précédemment installée (on passe d'une violence sous-jacente à une violence nue et crue).
La mise en scène fonctionne bien mais elle est un peu étrange. De par le choix des cadrages, de par la manière dont l'auteur prend son temps, on se croirait dans un film des années 60. Mais vu les moyens mis en jeu ainsi que la justesse des acteurs, on se dit que ça doit être plus récent. La qualité d'image perturbe aussi : on a le grain des 70's, mais il y a aussi une colorisation étrange par moment, qui fait penser à un vieux film restauré. Au bout du compte, ça fonctionne : les scènes de ballon sont crédibles, le découpage efficace, le montage bien rythmé et les acteurs impeccables (Scott est magnifique). La dernière séquence, plus ambitieuse, ne fonctionne pas entièrement : l'explosion n'est pas crédible, Wise a recours à quelques effets un peu cheap, un peu ringards. Mais sitôt cet effet spectaculaire terminé, on a vraiment l'impression de plonger en enfer : le retour au noir et blanc rend le tout plus glauque, fait écho aux images d'archives du début (ça marque l'histoire) et permet de mieux insérer des images de la vraie explosion (j'imagine que c'était la raison première, peut-être même l'unique et que le reste que je cite n'est jamais qu'une interprétation personnelle).
Il faut vraiment que je parle de cette dernière partie. Un héros qui se fait exploser, des gens qui paniquent, le ballon qui prend feu, des gens qui sautent par la fenêtre, ou des gens qui balancent d'autres gens par la fenêtre. C'est un vrai climat de démence que Wise restitue avec son équipe. C'est complètement dingue. Avec en plus des effets de montage qui ne se justifient pas vraiment mais qui fonctionnent (les arrêts sur image en pleine action). Je n'ai pas pu m'empêcher de repenser au World Trade Center en voyant ces images, car je pense que Wise a filmé là l'ambiance chaotique qui se rapproche le plus de ce que les victimes du 11 septembre ont vécu. Le côté shaky cam fonctionne bien aussi mais à nouveau, la caméra paraît lourde comme dans les années 60, du coup je suis vraiment surpris de voir qu'il date des années 70.
Bref, j'ai passé un très bon moment devant ce film catastrophe-historique.