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Un film qui parle d'une section de jeunes femmes manipulant deux DCA (plus de la Guerre froide que de la Seconde Guerre, mais ce n'est pas grave) quelque part en Carélie. Elles remplacent des hommes après que l'adjudant-chef Vaskov s'est plaint auprès de son commandant que ses hommes profitent un peu trop de la vie tranquille loin du front (en gros, picoler et draguer les filles). Ainsi, il ne s'attendait pas à ce que son commandant lui envoie carrément des femmes pour résoudre les problèmes de la picole et des faiblesses de la chair.
C'est un film fortement centré sur l'humain, la mélancolie des femmes liée à la perte d'un amant, d'un enfant ou l'impuissance face à une guerre qui a avorté des projets de vie de famille. Les musiques originales qui accompagnent les moments de rêveries en couleurs sont particulièrement émouvantes. Nous ne sommes donc pas sur un film où le patriotisme et l'héroïsme sont mis en avant, mais davantage centré sur des personnages qui, sauf Vaskov, n'ont jamais connu les combats de première ligne. La peur s'exprime donc par toutes les façons possible : la fuite, l'exposition/l'imprudence face au danger, la précipitation (Génia/Zhenya, la plus badass des cinq dans la seconde partie du film).
Il est à noter que le film adapte un roman de Boris Vasilyev de 1969 publié en France par Robert Laffont en 1980 sous le titre Ici les aubes sont plus douces. J'ai à peine commencé la lecture, mais je tenais quand même à partager cette information.
Des conditions de tournage difficiles en pleine Carélie : un Andrey Martynov (l'acteur de Vaskov) qui ne savait pas lancer de grenade malgré son service militaire et qui a dû s'entraîner à lancer des cailloux à 4h du mat. Un réalisateur qui devait patauger dans les marais avec les acteurs alors qu'il avait une prothèse à la jambe (comme une partie de l'équipe technique, c'est un vétéran de 1941-1945 contrairement à nos six acteurs principaux). L'actrice de Rita oubliée dans la forêt quand celle-ci a voulu faire une sieste.
En 2026, le film est toujours efficace. Sans doute pas autant que si j'étais russe ou enfant direct d'un vétéran de la Grande Guerre patriotique, mais il reste rafraîchissant par son écriture, sa thématique et sa façon de filmer les combats : toujours distant, un ennemi qu'on ne voit pas toujours tomber en face de soi et quelques plans à la vue subjective. Bref, un portrait plus réaliste d'un combat "d'intérêt local", d'une simple escarmouche contre des parachutistes dont il est difficile de connaître leurs objectifs. Chaque blessure et chaque mauvaise décision rappellent à quel point ces personnages ne sont pas des héros faits en scénarium (ou en stalinium dans ce contexte). On ne sait d'ailleurs presque jamais, parfois très subtilement, s'ils touchent leurs cibles.
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Créée
le 19 mai 2026
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