La Poupée de Satan, titre racoleur au possible considérant l'absence totale de Satan à l'horizon et le peu de poupée à l'écran (sauf à parler ainsi de l'actrice principale, ce qui serait raccord avec le sexisme ambiant du film), est une production italienne peu connue et dont la rareté et la nature foutraque semblent avoir convaincu Le chat qui fume de l'éditer pour la 1ère fois en France.
Unique réalisation de Casapinta, et ça se voit, La Bambola de Satan mange à tous les râteliers du genre mais parait les digérer avec peine : bienvenue au gothique, giallo, torture-flick, thriller, surnaturel, eurospy, etc. Autant d'invités pour une histoire qui pourrait se résumer à une escroquerie à la succession ! D'un point de vue technique, c'est rapidement la catastrophe, avec un montage plus qu'hasardeux qui finit par prendre l'eau de toutes parts (ces erreurs de coupe jour/nuit !), rendant souvent peu lisible la temporalité des événements. J'ai bien aimé également la localisation française de l'action : les villageois ont des bérets et picolent du vin, tandis que Mr Jack lit le Figaro. Et bien que je n'y avais trop prêté attention au premier coup d’œil, il faut signaler l'exploit du générique d'intro qui spoile carrément la fin du film !
Une révélation finale que Francis Barbier, intervenant du bonus du BR, qualifie très justement "d'à la Scoubidou". Son analyse du film est par ailleurs fort pertinente car elle parvient à expliquer pourquoi malgré tous ses défauts techniques (sans oublier ses quelques réussites, comme la photographie) et en le recontextualisant dans l'histoire du ciné italien, La Poupée de Satan conserve un certain charme désuet à la faveur d'une ambiance bizzaroïde que favorise un accompagnement musical souvent très décalé (l'affrontement à l'épée !). Saluons enfin la belle remastérisation HD du titre par LCQF.