Dès l'ouverture, le réalisateur nous prévient crûment qu'on va parler de sexe. La beauté des choses parle de l'initiation sexuelle d'un jeune suédois, pendant la seconde guerre mondiale. Il va s'éprendre de sa prof, et va avoir une liaison avec, sauf qu'elle est mariée.
On pourra peut-être trouver que La beauté des choses se perd parfois, devient un peu confus, traîne en longueur, reste que cette chronique de l'éveil au sexe d'un adolescent procède avec une évidente sincérité, et le titre français n'a pas tellement tort, il y a de la beauté dans ce portrait.
Contre toute attente, si la relation entre le jeune homme et sa maîtresse (pas seulement) d'école sombre dans un sordide attendu, c'est avec le mari que notre éphèbe va instaurer une relation basée plus sur le respect. Et dans cet étonnant développement on trouvera de belles scènes, comme celle où le mari pleure en écoutant un disque de musique allemande pendant que retentit la voix d'Hitler "C'est la même langue, comment est-ce possible?" répétera-t-il, désemparé.
Musique classique (Haendel, Mahler, Beethoven...) qui accompagne d'ailleurs très bien le récit.
Belles également les scènes entre les deux adolescents, et cette idée d'une lettre dont les points forment un dessin comme dans les carnets pour enfants, afin de passer la censure.
La beauté des choses regorge d'idées, en plus d'être une reconstitution de la période en question. Et malgré son sujet scabreux, qu'il n'élude jamais, il parvient à maintenir une dignité pour ses personnages, à ne pas se vautrer dans la critique facile, et donc dans le sordide.
Simplement, il donne à voir.