Raoul Cérusier est un type ordinaire, patron d'une petite boîte de publicité et mari aussi terne qu'ennuyeux. Un phénomène inexplicable et inexpliqué -comme pour cet autre personnage de Marcel Aymé, ce Léon Dutilleul soudainement capable de traverser les murs ("Le passe-muraille")- lui fait changer de tête. Méconnaissable et même bel homme, comment Cérusier va-t-il pouvoir reprendre le cours de sa vie?
Je n'ai pas lu le roman de Marcel Aymé mais je doute qu'il soit aussi mal écrit que le scénario que met en scène le médiocre Claude Heymann. Le réalisateur joue d'un imbroglio irrationnel, entretenu complaisamment par un personnage qui n'est pas fichu de trouver les mots et les arguments pour s'identifier.
Franck Villard est dirigé sans beaucoup de subtilité, surjouant le désarroi. Et, somme toute, le sujet qu'on imagine plus grinçant de la part de Marcel Aymé, est traité de façon trop élémentaire dans le film. La comédie est tout en incidents saugrenus ou situations embarrassantes dont la drôlerie est atténuée par le manque d'idées de la mise en scène.
Progressivement, l'intrigue prend la forme d'une parabole sur le mariage, la routine du mariage. Elle n'est pas sans ironie mais, à l'opposé, les moments de sincérité sont trop futiles pour être touchants comme le voudrait le réalisateur.
A cet égard, on verra que la conclusion ou morale de l'histoire est stupide autant que machiste.