« Surpris », c’est le mot qui ressort de cette séance d’avant première en présence de Pascal Elbé, le réalisateur.
Si à la première heure, j’ai cru à une énième banalité comique du 21eme siècle, j’ai été rapidement rattrapé par le réel et bluffé par la justesse d’écriture. Tant le scénario se complexifie et se rapproche d’un drame, tant le spectateur est absorbé par l’histoire dure et mélancolique de la réalité tragique de l’époque.
Si le personnage d’Audrey Lamy est censuré d’une grande partie de l’histoire, c’est probablement pour ne pas entacher l’écriture plus sérieuse du scénario. Car son personnage, outre son jeu d’actrice scolaire, peine à sortir de la caricature comique de la femme au foyer française. Là où, par comparaison, le héros éprouve des drames et gagnes en profondeur d’écriture.
Ce film est pour moi la preuve de plusieurs choses :
- ne jugez pas un film avant de l’avoir vu en entier.
- oui, les comédies françaises ont encore de l’espoir.
- la comédie et le drame se marient à merveille quand leurs dosages sont maîtrisés.
Alors non le film n’est pas un chef d’œuvre. Mais il fait du bien, comme un bol d’air frais. Agréable et revigorant, il apporte espoirs et réflexions en restant simple et efficace.
Bien sûr, le début est long et trop lourd. Il faut supporter certains passages pour trouver les bonnes idées. Et c’est là que je félicite ce film, il ose, il cherche, il propose des idées, il sort des cadres du cinéma comique français actuel. Félicitons et encourageons ses initiatives, c'est bien elles qui enrichissent notre culture cinématographique nationale.
Sur le plan technique, je trouve le choix des plans serrés justifiés. Ils forces le spectateur à se concentrer sur les personnages et leurs émotions.
Le choix de taire les personnages et de les faires communiquer par les gestes et les regards est très intéressant. Entre le héros qui use de ses tours de magie, et la Gestapo qui jette des regards perçants et lourds de sens.
Cinéphilement votre