Vu pour la énième fois.
À partir d'une idée de Danièle Thompson, inspirée de sa vie personnelle, celle-ci élabore un scénario de très bonne facture avec le réalisateur Claude Pinoteau.
On se situe dans le milieu de la moyenne bourgeoisie parisienne de l'époque, avec les parents dentiste et artiste. Le sujet de l'adolescence n'a bien sûr, rien de novateur puisqu'il a déjà été décliné dans les années 70 par Michel Lang, Diane Kurys et même Claude Pinoteau avec La Gifle.
Naturellement, le film est marquant par le première apparition de Sophie Marceau alors inconnue. Elle est vraiment excellente dans le rôle de Vic, avec un naturel et une spontanéité que l'on retrouvera difficilement chez elle par la suite (un peu encore dans le deuxième opus).
La force du film est qu'il ne tourne pas uniquement autour de Vic. En effet, la crise de couple que traverse ses parents vient s'ajouter à cette histoire, avec les formidables interprétations de Brigitte Fossey et Claude Brasseur ; elle en mère sensible et touchante et lui en père gentil colérique, parfois maladroit. Il faut aussi citer l'excellente Denis Grey en arrière-grand mère exubérante (femme d'avant-garde) et complice de sa petite fille, ce qui constitue une excellente idée scénaristique. Et de ce fait, plusieurs générations sont représentées.
Du coté des jeunes, même si Sophie Marceau est l'atout majeur, ceux-ci bénéficient de rôles assez bien décrits, qui leur permettent d'avoir chacun leur moment (l'inverse sera reproché pour La Boum 2).
On citera également les présences remarquables en rôles secondaires de Dominique Lavanant et Bernard Giraudeau, qui sont loin d’être anecdotiques, car ils donnent une épaisseur supplémentaires (parfois cocasse) à la tourmente traversée par les parents.
On ajoute à cela une excellente bande originale de Vladimir Cosma, avec une chanson interprétée par Richard Sanderson devenue culte. Les thèmes du compositeur sont marquants et s'associent à la perfection aux différentes scènes.
Au final, bien que les sujets abordés soient parfois délicats avec l'éveil adolescent et les amours éphémères, ou encore la séparation, le film ne se départit jamais de son humour et de son second degré, ce qui est une autre de ses forces. Il est aidé en cela par de très bons dialogues qui font mouche, et un panel d'interprètes convaincants.