Après avoir été scénariste durant plus de trente ans, Danièle Thompson s'attaque enfin à la réalisation avec un premier film, dont on peut dire qu'il est choral. L'histoire est celle de trois sœurs qui, à l'enterrement de leur beau-père, demandent à leur mère de se réconcilier avec leur père le soir du 24 Décembre, donc autour d'une bûche.


Là où je suis surpris, c'est le film est plus dramatique que je ne le pensais, il y a très peu d'humour, ce sont tous des gens fracassés, qui ont le sentiment de louper leur vie ; une des filles est enceinte de son amant, l'autre vit volontairement en-dehors des clous de la société et l'autre veut quitter son mari. Leur mère vit dans le deuil de son mari disparu et le père se morfond dans sa solitude. C'est vachement gai pour un film de Noël, non ?
D'ailleurs, le générique de début, commençant par des enfants s'extasiant sur des marchés de Noël est un très bon trompe-l’œil, car il enchaine tout de suite après par un enterrement.


L'expérience de scénariste de Danielle Tompson a sans doute servi, car il faut dire que c'est bien écrit. Il y a notamment cette belle idée où sur une scène, chacun des acteurs (et actrices) va faire un long monologue face caméra sur une blessure d'enfance qui les a conduits à être ce qu'ils sont dans le film. L'interprétation est de bonne qualité, particulièrement Françoise Fabien et Claude Rich, mais aussi chez Charlotte Gainsbourg ainsi qu'Emmanuelle Béart. J'ai juste un peu de mal avec Sabine Azéma qui me parait être un peu trop âgée pour être une des trois sœurs ; elle a près de 25 ans de différence avec Gainsbourg, et à chaque fois, j'ai plus l'impression de voir une mère avec sa fille que deux sœurs. On trouve aussi Christopher Thompson (fils de) ainsi qu'une courte, mais forte apparition d'Isabelle Carré et Jean-Pierre Darroussin (qui n'a pas pris la peine de se coiffer).


A l'heure où la carrière de Danielle Thompson a sans doute marqué un coup d'arrêt avec le four de Des gens qui s'embrassent, elle n'a sans doute jamais fait mieux en tant que réalisatrice que ce film-là, qui n'est jamais lourd et qui repose sur des blessures qu'on a.

Boubakar
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le 2 sept. 2015

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