La cache repose en entier sur le slogan CRS-SS inventé par les Soixantehuitards en 1968. C'est-à-dire qu'il dresse un parallèle entre la France occupée réprimée par les Nazis et la France insurgée réprimée par la police. Ce concept de film-slogan, aux airs amusants et à la liberté presque démodée, interroge sur sa pertinence historique et politique. La vérité, on le comprend dès le début, est très subjective : c'est celle d'un auteur qui réimagine des souvenirs d'enfance dans un livre, et celle d'un réalisateur qui réinvente sa lecture du bouquin dans un film. C'est assumé. Ça se discute (surtout quand la cache qui sauva un petit juif pendant la guerre, cache un roi en fuite pendant les manifs).
Il y aurait un côté ciné-tract, il y aurait un côté Nouvelle Vague (et la citation "C'est quoi dégueulasse?", en est une référence explicite à A bout de souffle). Ça aussi, ça se discute, car au fond, c'est un film sur ceux qui ne s'engagent pas. Sympathisant mais pas militant, loin des barricades La cache est une chronique familiale qui cherche à faire rentrer la grande Histoire dans la petite, mais qui, finalement, est un peu trop étroit pour y parvenir. Le film tourne plus autour d'un petit garçon que de son grand-père, dans la peau de Michel Blanc pour un ultime rôle qui le met à l'honneur. Les nombreux personnages secondaires manquent de profondeur pour incarner un esprit quelconque. Ce qui aurait pu être un court-métrage en forme de ciné-tract allégorique, se perd dans une heure et demie assez déséquilibrée, mais non sans charme ni dénuée d'intérêt. Ça se discute, quoi.