LA CHATTE (Henri Decoin, FRA, 1958, 108min) :
Paris, décembre 1943, il fait nuit, le bruit des bottes résonnent sous les lampadaires. Des officiers allemands interceptent des ondes radiophoniques tentant de correspondre avec Londres. La Gestapo débarque dans l’appartement repéré, Massimier agent de la résistance meurt en tentant de leur échapper. Son épouse prend sa place dans le réseau. Avec maîtrise et en quelques séquences haletantes le décor est planté. Pourtant ce film a eu bien du mal à trouver les financements, Henri Decoin payant sa « collaboration » avec la Continental Films. Ce drame sentimental sur fond de résistance française, inspiré par le destin de Mathilde Carré, devenue espionne pour l’ennemi, se déploie à travers une mise en scène entre jeux d’ombres et lumières contrastés. À travers un ambigu récit documenté, La Chatte revient sur les années sombres de l’Histoire de France. Les effets musicaux anxiogènes de Joseph Kosma, la présence troublante et féline de Françoise Arnoul et la prestance de l’impeccable Bernard Blier y apportent beaucoup.