Cora appartient à un réseau de la Résistance pour lequel elle réalise de périlleuses missions, comme dérober aux Allemands les plans d'une fusée. Abusée et séduite par un pseudo journaliste suisse,
en réalité un espion allemand,
elle condamne à coup sûr les camarades de son organisation.
Aux confins de l'exercice de style, par son étonnante noirceur, par le dépouillement et la sobriété de la mise en scène, le sujet de Decoin, inspiré d'une histoire vraie, semble trop souvent un cas de figure dramatique purement formel. Par ses maladresses et ses lacunes, ses complaisances concernant le scénario autant que les personnages, le film apparait peu réaliste. Déjà, on ne croit pas à l'histoire d'amour -théorique, sans passion- entre Cora et son espion (Bernhard Wicki, aussi terne que François Arnoul est sensuelle). On ne croit pas non plus à la facilité déconcertante avec laquelle cet espion Muller infiltre des résistants bien peu sur leur garde. A quoi s'ajoutent des dialogues sans saveur, le surjeu d'un méchant et salace officier allemand (dans ce qui ressemble à une grotesque caricature d'Erich von Stroheim) ébloui par la Chatte, la façon ostentatoire de filmer la jolie silhouette et les beaux yeux de Françoise Arnoul. Tout sonne souvent faux (le dénouement est théatral) et c'est, en plus, tellement explicite que le film se déroule constamment dans l'évidence et l'effet d'annonce. Revoyons vite "L'Armée des ombres" !