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(Le thème principal : https://youtu.be/YsAuPHdXnuA)


Sur un scénario des plus conventionnels, un homme solitaire souhaitant accomplir sa vengeance, Budd Boetticher magnifie pourtant ce western grâce à une réalisation épurée et de superbes acteurs. La chevauchée de la vengeance est d'ailleurs régulièrement cité comme une source d'inspiration par de grands réalisateurs comme Tavernier, Eastwood, Tarantino ou Scorsese...


Dès les premières minutes du film, Budd Boetticher plante le décor : un long plan-séquence où on distingue un homme seul perdu dans un paysage aride et rocheux s'approchant de sa proie. Une première scène à l'image du reste du métrage où la réalisation épurée fait merveille. L'utilisation de plans larges en Scope, un tournage intégral en extérieur, un montage calibré et de longues séquences magnifiées par la photographie de Charles Lawton rendraient presque ce film désuet tant le cinéma actuel use de procédés différents. Mais au contraire, la « patte » Boetticher est un modèle d'efficacité et en 73 petites minutes un chef d'œuvre du genre accouche sous nos yeux admiratifs. Et on ne se lassera jamais de ce splendide final et de cet arbre aux pendus, magnifique métaphore du mal qui ronge notre héros.
Au-delà de la forme, le réalisateur de Sept hommes à abattre n'abandonne pas le fond de son histoire surprenante à plus d'un titre et qui s'avère une véritable partie de poker où chacun cache son jeu tout en cherchant à découvrir celui des autres. Malgré un scénario des plus simples au premier abord (une énième histoire de vengeance, un héros solitaire), la galerie de personnages complexes échappe finalement aux stéréotypes du genre. D'ailleurs, le rôle tenu par Randolph Scott nous fera penser aux pistoleros solitaires et silencieux du western italien, et ses « adversaires » d'infortune semblent avoir inspiré Tarantino et ses galeries de « méchants » sympathiques, mais aussi stupides, sadiques...


TROIS HOMMES DANS L'OUEST


Sergio Leone pourrait aussi s'être inspiré du travail de Boetticher dans son Il était une fois dans l'ouest, avec son héros vengeur mutique, son Cheyenne qui nous fait songer au rôle tenu par Pernell Roberts notamment par son interaction avec la veuve Karen Steele, cette potence au milieu de nulle part sorte d'arbre aux pendus façon Leone... L'italien lui aurait d'ailleurs dit au détour d'un festival : « Budd, je t'ai tout volé ! ». On peut également ajouter que Lee Van Cleef et James Coburn (tous deux présents dans de petits mais beaux rôles) retrouveront le maître du western italien la décennie suivante.
Enfin....


Retrouvez la critique intégrale de l'édition Blu Ray-dvd sortie récemment chez Sidonis par ici : http://www.regard-critique.fr/rdvd/critique.php?ID=6527

SB17
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le 19 oct. 2021

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